Test 4K Ultra HD Blu-ray : La Guerre des Mondes (2005)

Publié le par la Rédaction



 

Synopsis

Ray Ferrier est un docker divorcé et un père rien moins que parfait. Quelques minutes après que son ex-femme et l'époux de cette dernière lui ont confié la garde des enfants, un puissant orage éclate. Ray assiste alors à un spectacle qui bouleversera à jamais sa vie... L'humanité entière part en guerre contre des extra-terrestres odieux, dans cette nouvelle adaptation du roman de H.G. Wells.

 

 

NB : Les comparatifs image (compression .jpg, 8-bit) sont strictement à usage illustratif et sont non représentatifs de ce que l'Ultra HD Blu-ray diffusera sur votre écran UHD HDR calibré.

 

Afin de mettre en évidence l'utilisation concrète du Wide Color Gamut (WCG) sur cette édition (voir tutoriel ici), les pixels qui se situent dans la gamme standard/BT.709 (confinés à l'intérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés ici entièrement désaturés. A l'inverse, ceux faisant partie de la gamme élargie BT.2020, exclusive au disque 4K Ultra HD Blu-ray (qui s'étendent à l'extérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés en couleur :

 

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Certaines œuvres frappent comme une déflagration, fissurent nos certitudes et s’incrustent à jamais dans la mémoire collective. La Guerre des Mondes (2005) de Steven Spielberg en fait partie : un assaut cinématographique au cours duquel un très spectacle audiovisuel se mêle à une intensité dramatique implacable. Porté par un réalisme viscéral, une tension qui ne faiblit jamais et une immersion sensorielle totale, le film capture surtout l’agonie et la résilience d’une famille : isolée, déchirée, mais contrainte de se réassembler au cœur de l’invasion extraterrestre.

Le réalisme constitue l’armature de cette campagne. Avec Janusz Kaminski, compagnon d’armes depuis plusieurs films, Spielberg opte pour une caméra portée, instable, haletante, collée au souffle de Ray Ferrier et de ses enfants. Loin de survoler le désastre comme un drone militaire, le spectateur se retrouve dans la même tranchée que les personnages, partagé entre stupeur et instinct de survie. La lumière, froide et métallique, se charge peu à peu de teintes plus profondes, reflet d’une descente irréversible dans le chaos. Les costumes subissent l’usure de la fuite. Même les figurants portent des lampes, des torches, des lampes à huile : points de lumière épars dans un océan de ténèbres, comme les éclats d’une ville assiégée.

Le projet porte une ambition claire : immerger le spectateur dans un cauchemar éveillé, une guerre totale où la menace, implacable, semble écrite dans notre inconscient collectif depuis des générations. Spielberg ne se contente pas d’aligner les visions apocalyptiques : il sonde la fragilité de notre organisation sociale, la minceur de nos illusions de contrôle et réactive nos peurs les plus archaïques. Ici, l’armée américaine, déployée comme une ligne de front dérisoire, n’est qu’un mirage d’ordre face à un adversaire inarrêtable. Fidèle à l’esprit de H.G. Wells, le réalisateur souligne notre cécité : cette incapacité à voir la menace tapie sous nos pieds depuis l’aube des temps.

Au cœur de la tempête, Ray Ferrier : un docker ordinaire, père jugé absent, plus prompt à remplir son frigo de bières que de souvenirs. L’invasion le contraint à devenir, dans l’urgence, le rempart vivant de ses enfants. La fuite le pousse à des gestes irréversibles, dont le meurtre d’Ogilvy, hors champ mais gravé comme une déflagration silencieuse dans la psyché du spectateur. Plus que les armes, c’est la détermination brute, animale, qui devient sa principale ligne de défense.

La conclusion, souvent débattue, refuse l’explosion finale et l’héroïsme flamboyant : la victoire ne vient pas des canons, mais de l’infiniment petit. Les envahisseurs, maîtres d’une technologie capable de traverser les étoiles et de creuser la Terre comme un champ conquis d’avance, sont terrassés par des organismes microscopiques. Humiliation suprême, rappel brutal que la suprématie n’est jamais absolue. C’est une leçon de vie, une piqûre de rappel cosmique sur notre place fragile dans l’univers.

Qualité Vidéo

Œuvre visuellement marquante de la filmographie de Steven Spielberg, La Guerre des Mondes (2005) doit son identité esthétique unique à la photographie de Janusz Kaminski. Tournée en 35mm, cette vision apocalyptique se distinguait par son traitement d'image très spécifique, fruit du procédé ENR de Technicolor. Le résultat ? Une image dense, un grain prononcé, un style d'éclairage dur mais diffus et une palette de couleurs volontairement désaturée, conférant au film ce look industriel et anxiogène inoubliable. Si l'édition Blu-ray de 2010 tenait déjà la route, Paramount nous a fourni une élégante refonte en 2020 à l'occasion du 15ème anniversaire du film avec une édition 4K Ultra HD Blu-ray tirée d'un master restauré en 4K. On y retrouve les deux options HDR10 et Dolby Vision (profil DV-FEL sous 12-bit). Les ressorties 2025 intègrent le même vidéo disque.

D'entrée de jeu, un détail intrigue : le passage du ratio original 1.85:1 au plein cadre 1.78:1. Que les puristes se rassurent : il ne s'agit nullement d'un recadrage (crop) destructeur, mais bien d'une version "open-matte". Cela signifie que l'on gagne de l'information visuelle en haut et en bas de l'image, des portions du négatif qui avaient été masquées jusqu'à présent. Cette approche permet de redécouvrir la composition des plans de Kaminski avec un champ de vision légèrement étendu. Le gain en définition est immédiat. L'apport est loin d'être anecdotique. Le piqué est plus acéré. La texture des vêtements de la famille Ferrier, les pores de la peau sur le visage angoissé de Tom Cruise, la complexité des débris du Boeing 747 écrasé dans le quartier... chaque élément bénéficie d’une restitution d’une finesse inédite. Le précédent master HD apparaît bien plus imprécis en comparaison. Le grain, parfaitement géré par l’encodage HEVC, n’est plus une contrainte technique, mais un atout participant pleinement au réalisme brut du film.

L'esthétique froide, métallique et quasi-monochromatique voulue par Spielberg et Kaminski est parfaitement préservée. Cependant, elle n'est plus synonyme d'aplatissement de nuances. Via une mobilisation de l'espace colorimétrique étendu (WCG) et de la plage dynamique supérieure, le film s'enrichit d'une profondeur et de nuances couleurs insoupçonnées. Les ciels, autrefois uniformément grisâtres, se parent de dégradés subtils. Les couleurs primaires, bien que contenues, gagnent en saturation et en vitalité ; le pull arc-en-ciel de la jeune Rachel, par exemple, s'exprime avec plus de liberté à l'écran, devenant un point de repère poignant au milieu du chaos familial. Les carnations figurent parmi d'autres grandes gagnantes de ce nouvel étalonnage : elles retrouvent des nuances, un peu plus de véracité, abandonnant cette dérive légèrement verdâtre qui pouvait affecter l'ancien master.

En HDR, avec une moyenne de pics lumineux mesurée à 445 nits, les éclairs aveuglants des lasers des Tripodes, les boules de feu incandescentes issues des explosions, les phares des véhicules dans la pénombre... chaque source lumineuse est d'une intensité plus saisissante à l'écran. Les nombreuses zones sur-exposées sur le précédent master retrouvent du détail et des nuances. La séquence nocturne de la bataille sur la colline illustre parfaitement cette maîtrise : un ballet pyrotechnique où chaque faisceau, chaque boule de feux, chaque étincelle éclaire et sculpte les ténèbres avec une précision diablement supérieure. C'est une fondamentale mise à niveau. Et notre comparatif vidéo à consulter en HDR le confirmera pleinement.

 

Test 4K Ultra HD Blu-ray : La Guerre des Mondes (2005)

Test 4K Ultra HD Blu-ray : La Guerre des Mondes (2005)

 

Qualité Audio

Masterclass de sound design, bande-son de référence... Les superlatifs ne manquent pas pour qualifier le travail d'orfèvre réalisé par le duo légendaire Richard King et Randy Thom sur La Guerre des Mondes (2005). Depuis sa sortie en 2010, l'édition Blu-ray et sa piste DTS-HD Master Audio 5.1 ont servi d'étalon pour des milliers de démonstrations Home-Cinéma. Soyons clairs : ce remixage Atmos reste dans les hautes sphères de l'excellence sonore. Mais avec une philosophie subtilement différente. Le principal ajustement se situe dans le registre grave. Cette nouvelle mouture présente une réponse légèrement lissée dans l'extrême grave, ce qui se traduit par un impact physique un soupçon moins dévastateur que sur la piste DTS-HD de 2010, laquelle semblait totalement débridée. Comme pour les salves foudroyantes qui s'abattent dans le jardin de Ray qui semblent avoir perdu une fraction de leur poids sismique. Cette piste reste néanmoins d'une dynamique phénoménale. Et ce qui a été atténué en force tellurique a été gagné en finesse et en spatialisation.

Et c'est ici que l'apport de l'Atmos devient tangible. La scène sonore gagne en ampleur, en précision et surtout en verticalité. L'atmosphère pré-attaque reste un bel exemple. Le vent glacial qui se lève avant les éclairs gagne en présence sur les canaux de hauteur, fouettant la clôture et les vêtements sur la corde à linge avec un réalisme saisissant. L'immersion est plus subtile et enveloppante. Le "cor de chasse" des Tripodes avec son brame assourdissant vaut son pesant d'or. Il résonne désormais distinctement au-dessus du point d'écoute, créant un sentiment d'envahissement vertical absolument oppressant. Vécu depuis la cave, l'impact et la dislocation issus du crash du fameux Boeing bénéficient d'effets sonores en tout genre subtilement répartis sur la sphère verticale, renforçant le sentiment d'être piégé sous le chaos. Et l'émergence des Pods depuis la rivière - et le déchaînement de violence qui s'ensuit -sont orchestrés avec une incroyable séparation des canaux. Chaque assaut de l’intervention militaire est mis en scène avec une précision qui marquera vos esprits.

Cinq exemples concrets de mobilisation de l'espace vertical vous sont présentés en reproduction binaurale dans notre vidéo jointe pour illustrer nos dires. Vous noterez que la VF est restée inchangée. Toujours proposée en Dolby Digital 5.1 (640 kbps), comme autrefois.

Sur cette édition, la VO est restituée en Dolby Atmos (core TrueHD 7.1, 4432 kbps). L'indicateur de Loudness Range a été mesuré à un impressionnant 25.7 LU sur la version originale.

 

Test 4K Ultra HD Blu-ray : La Guerre des Mondes (2005)

Test 4K Ultra HD Blu-ray : La Guerre des Mondes (2005)

 
 

Bonus

- L’invasion : un nouveau regard
- Le legs de de G.H Wells
- La guerre des mondes revu par Steven Spielberg
- Personnages : le noyau familial
- Prévisualisation
- Journaux de la production
- Le design de l’ennemi : tripodes et extra-terrestres
- La musique de La Guerre des Mondes
- Nous ne sommes pas seuls
- Galeries de photos
- Bande-annonce cinéma

Conclusion

Une noble réédition. Fruit d'une remasterisation 4K et d'un nouvel étalonnage supervisé en HDR, Paramount nous offre l'opportunité de redécouvrir l'adaptation de Steven Spielberg de La Guerre des Mondes dans de toutes nouvelles conditions. La VO reste démonstrative avec de nouvelles nuances de spatialisation. Et, si la VF reste certes inchangée, les conditions visuelles nouvelles offertes par la combinaison 4K / HDR devraient suffire à emporter votre adhésion. Hautement recommandé !