Test 4K Ultra HD Blu-ray : La Petite Boutique des Horreurs (1986)

Publié le par la Rédaction



 

Synopsis

Dans une fleuristerie délabrée de Skid Row, Seymour, employé timide et maladroit, découvre une étrange petite plante après une éclipse. Il la nomme Audrey II, en hommage à sa collègue Audrey dont il est secrètement amoureux. La plante se révèle carnivore et ne pousse qu’en buvant du sang. Grâce à elle, la boutique reprend vie, mais Audrey II devient de plus en plus exigeante et dangereuse. Entre amour naissant, dentiste sadique et appétit grandissant du monstre vert, Seymour se retrouve bientôt dépassé par ce qu’il a fait pousser.

 

NB : Les comparatifs image (compression .jpg, 8-bit) sont strictement à usage illustratif et sont non représentatifs de ce que l'Ultra HD Blu-ray diffusera sur votre écran UHD HDR calibré.

 

Afin de mettre en évidence l'utilisation concrète du Wide Color Gamut (WCG) sur cette édition (voir tutoriel ici), les pixels qui se situent dans la gamme standard/BT.709 (confinés à l'intérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés ici entièrement désaturés. A l'inverse, ceux faisant partie de la gamme élargie BT.2020, exclusive au disque 4K Ultra HD Blu-ray (qui s'étendent à l'extérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés en couleur :

 

Qualité Vidéo

L’adaptation cinématographique de La Petite Boutique des horreurs (1986), tirée du musical off-Broadway d’Howard Ashman et Alan Menken, reste une des comédies fantastiques les plus singulières des années quatre-vingt. Frank Oz l’a tournée sur l’immense plateau 007 des studios Pinewood. Le directeur de la photographie Robert Paynter a filmé l’ensemble en 35 mm avec des caméras Arriflex. Pour le Blu-ray 4K Ultra HD des 40 ans, Warner Bros a réalisé un nouveau scan vraisemblable des négatifs originaux aboutissant à un master 4K. Le film est proposé au ratio d’origine 1,85:1 sur un disque BD-100 qui contient à la fois le montage cinéma (94 minutes) et le Director’s Cut (103 minutes, avec la grande invasion végétale). L’image est compressée en HEVC et compatible HDR10 / Dolby Vision (profil DV-MEL, 10 bits).

Dès les premières images, un changement de cadrage saute aux yeux : contrairement au précédent master au ratio 1,78:1, cette édition retrouve le 1,85:1. De fines bandes noires apparaissent en haut et en bas de l'image. La fenêtre de scan est aussi légèrement plus resserrée, ce qui entraîne une petite perte d’image sur les bords après recentrage. Côté définition, le progrès se voit mais reste plus subtil qu'escompté. Le grain du négatif 35 mm est toujours perceptible en filigrane. Les détails gagnent tout de même en finesse : la saleté collante des caniveaux, les briques abîmées des ruelles, le papier peint défraîchi de la boutique de Mushnik, la texture usée des vêtements de Seymour. La créature mécanique de Lyle Conway en profite aussi : les nervures des feuilles géantes, laiteuses et gonflées, les gouttes de sève qui perlent sur ses lèvres épaisses et la matière caoutchouteuse de ses mâchoires gagnent en qualité de restitution. Les trucages optiques sont époque. La compression HEVC tient bien, avec un débit moyen mesuré à 70,5 Mbps.

Le nouvel étalonnage se distingue par un rendu nettement plus chaud et doré. Les décors intérieurs prennent une teinte jaunâtre/ocre plus affirmée, ce choix renforçant la patine des décors. Le Wide Color Gamut, très sollicité sur ce titre, permet en parallèle une expression décuplée des couleurs saturées du film : les verts de la plante gagnent une acidité toxique bien plus tranchante, tandis que le sang dont le monstre se nourrit jaillit dans un rouge carmin épais et saturé. Le contraste pop fonctionne bien avec la garde-robe d’Audrey, les tenues colorées du trio vocal — roses bonbon et bleus électriques ressortent clairement. En HDR, on tourne autour d’une moyenne de pics d’environ de 364 nits, avec des pointes ponctuelles qui dépassent les 600 nits. Les éclairs dans la pénombre, les réverbères dans la brume et surtout les reflets brillants sur les instruments chromés du dentiste attireront votre attention.

 

Test 4K Ultra HD Blu-ray : La Petite Boutique des horreurs (1986)

Test 4K Ultra HD Blu-ray : La Petite Boutique des horreurs (1986)

 

Qualité Audio

La Petite Boutique des horreurs (1986) arrive en 4K UHD avec une nouvelle piste en version originale Dolby Atmos (core TrueHD 7.1, 3806 kbps). Dès les premières scènes, la musique gagne nettement en aération et en présence. Les harmonies doo-wop du trio Crystal, Ronette et Chiffon se posent clairement sur la scène frontale, s’élargissent de façon marquée et mobilisent régulièrement l’axe vertical. Sur ce remixage orienté objets, les canaux de hauteur servent d’abord à donner de l’ampleur à la bande originale, puis interviennent dans plusieurs moments clés : les échos stridents de la roulette du dentiste Orin Scrivello, les projections de décombres lorsque le monstre vert casse son environnement, ou les scènes finales de destruction massive dans les rues de Manhattan. De subtils effets sonores ont été signalés comme manquant dans la version Atmos (notamment les vocalises d’Audrey II lorsqu’elle est électrifiée). Warner a le mérite dans tous les cas de proposer le mixage 2.0 original en DTS-HD Master Audio 2.0 (1836 kbps), qui constituera une alternative solide et comblera la plupart des attentes. Cinq extraits marquants sont proposés en binaural dans notre vidéo jointe. Les versions doublées, dont la VF, sont toutes restituées en Dolby Digital 2.0 (192 kbps).

 

Test 4K Ultra HD Blu-ray : La Petite Boutique des horreurs (1986)

Test 4K Ultra HD Blu-ray : La Petite Boutique des horreurs (1986)

 
 

Bonus

- Commentaire audio de Frank Oz sur la version cinéma
- Nourrir ou ne pas nourrir : Pour l’amour de La Petite Boutique
- Mean Green Mother : Rencontre avec les marionnettistes d’Audrey II
- Frank Oz à propos du Director’s Cut
- Une histoire de La Petite Boutique des horreurs
- Bêtisier et scènes coupées avec commentaire audio optionnel de Frank Oz
- Fin du Director’s Cut commentée par Frank Oz

Conclusion

La célébration des 40 ans permet de redécouvrir le film de Frank Oz via un nouveau master qui fait pousser l’image dans de meilleures conditions, une compression vidéo stable et un grading HDR qui tire pleinement parti du Wide Color Gamut pour nourrir les verts toxiques de la plante. La présence simultanée du Dolby Atmos et du mixage 2.0 original reste un compromis satisfaisant pour les fans de l’œuvre de Frank Oz. Une redécouverte indéniable.