Test 4K Ultra HD Blu-ray : Madame Doubtfire (1993)

Publié le par la Rédaction



 

Synopsis

Après son divorce, Daniel Hillard, comédien brouillon et père adorant, se voit limité dans le droit de voir ses trois enfants. Pour rester auprès d’eux, il se fait passer pour une gouvernante écossaise, Madame Doubtfire, et se fait engager par son ex-femme, Miranda. Sous la perruque, le fard et l’accent, il tient la maison, les devoirs et les repas, non sans quelques catastrophes. L’arrivée de Stu, le nouveau compagnon de Miranda, complique encore la supercherie. Entre déguisement, mensonge et amour paternel, le faux-semblant finit par ne plus tenir.

 

NB : Les comparatifs image (compression .jpg, 8-bit) sont strictement à usage illustratif et sont non représentatifs de ce que l'Ultra HD Blu-ray diffusera sur votre écran UHD HDR calibré.

 

Afin de mettre en évidence l'utilisation concrète du Wide Color Gamut (WCG) sur cette édition (voir tutoriel ici), les pixels qui se situent dans la gamme standard/BT.709 (confinés à l'intérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés ici entièrement désaturés. A l'inverse, ceux faisant partie de la gamme élargie BT.2020, exclusive au disque 4K Ultra HD Blu-ray (qui s'étendent à l'extérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés en couleur :

 

Qualité Vidéo

Madame Doubtfire (1993) n’a jamais eu besoin de se prendre au sérieux pour rester l’une des comédies familiales les plus attachantes des années 90. Porté par un Robin Williams capable de passer d’un père débordé à une gouvernante écossaise en deux battements de cils, le film de Chris Columbus méritait une image à la hauteur de sa réputation. Tourné en 35 mm avec des caméras Panavision et des optiques sphériques Primo, photographié par Donald McAlpine, il traînait jusqu’ici un master HD fatigué : contours suraccentués, teintes chair douteuses, compression hasardeuse. Cette édition 4K Ultra HD part d’un nouveau scan des négatifs originaux. L’image est proposée en 2160p, au ratio 2.35:1 respecté, en HEVC, avec un étalonnage HDR, et du Dolby Vision (profil DV-FEL, 12 bits).

Le premier élément attirant l'attention n’est pas le piqué. C’est le cadre. Cette présentation 2026 s’accompagne d’une fenêtre de scan nettement plus généreuse : des portions latérales et verticales inédites reviennent à l’écran, et l’image s’ouvre d’un coup. On gagne de l’air autour des personnages, un peu plus de la maison, un peu plus de San Francisco en arrière-plan.

Le gain en définition se voit dans la foulée. Ce n’est pas un simple affûtage des contours : on récupère la matière du film. Sur le visage d’Euphegenia, le fard n’est plus une couche lisse. On distingue le velouté de la poudre, les ridules dessinées au maquillage, la limite très fine entre la peau et la prothèse, sans que le latex ne se mette à trahir le déguisement. La maison familiale en profite aussi. Boiseries, moulures, grain des rideaux et vaisselle sur la table ressortent affinés. Même remarque pour le grain 35 mm qui reste palpable, fin et homogène, malgré des débits de compression un peu en deçà de nos attentes. À 44.5 Mbps de moyenne, on se dit que Disney aurait pu loger ce titre de catalogue (aussi attendu) sur un disque BD-100.

La lumière de Donald McAlpine retrouve de l’allure avec cet étalonnage HDR, sans surenchère aucune. Le film garde sa modestie. Les pics tournent autour d'une moyenne mesurée à 168 nits, avec quelques éclats isolés. Les scènes de jour gagnent en clarté : le matin qui passe par les baies de la demeure victorienne éclaire mieux la table, les rideaux et les visages. Dehors, les reflets sur la décapotable de Stu et sur l’eau de la baie accrochent davantage, là où l’ancien master les laissait ternes et plats. Les intérieurs un peu sombres et les scènes du soir respirent mieux.

Les couleurs suivent le même chemin. L’ancien master tirait vers le magenta, peu flatteur pour les carnations. Ici, les teints redeviennent justes : le hâle de Pierce Brosnan d’un côté, le teint poudré et faussement ridé de la gouvernante de l’autre. L’espace colorimétrique étendu n’est pas sollicité en permanence. Ses usages restent ponctuels. Ils accentuent quelques notes de gaieté : le panier de fruits à la piscine et autres tenues fleuries des protagonistes. C'est une mise à niveau indiscutable.

 

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Madame Doubtfire (1993)

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Madame Doubtfire (1993)

 

Qualité Audio

L'annonce d’un remixage Dolby Atmos pour Madame Doubtfire (1993) avait de quoi surprendre. Une comédie familiale des années 90, portée essentiellement par le verbe et les voix de Robin Williams, en avait-elle fondamentalement besoin ? On avait raison de douter. L’écoute confirme l’intérêt très relatif de ce remixage. La piste Atmos ne s’approprie guère l’axe vertical et ne mobilise aucun cluster d'objet sonore vraiment dynamique. Ni l’aspirateur-balai sur Dude (Looks Like a Lady), ni le chassé-croisé au restaurant Bridges, ni la panique en cuisine ne sollicitent la scène supérieure de façon probante. L’axe vertical sert surtout à étendre et aérer la musique d’Howard Shore. Et pas grand chose de plus... Nos exemples l’illustrent dans la vidéo jointe, disponible en reproduction binaurale, avec les relevés d’objets.

Heureusement, le socle conventionnel reste satisfaisant. Sur le plan horizontal, la bande-son se comporte comme une piste sobre et classique. L’axe frontal est d’une clarté irréprochable, avec un canal central solide, indispensable pour suivre Daniel Hillard : les imitations de l’entame, puis le fausset rocailleux de la gouvernante sous ses prothèses. Les surround apportent ponctuellement un peu de vie à l'expérience. On pense à la scène d’anniversaire avec les animaux de la ferme à l'entame du film. Le canal LFE reste en retrait, fidèle à nos souvenirs d'époque.

Un lifting Atmos pour cette VO (core TrueHD, 4906 kbps) donc très timide. Il s'agit davantage d'un argument commercial que d'une véritable refonte à proprement parler… Les versions doublées, dont la VF, sont proposées en DTS 5.1 (plein débit, 1509 kbps).

 

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Madame Doubtfire (1993)

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Madame Doubtfire (1993)

 
 

Bonus

- Scènes coupées
- De l’homme à la femme : évolution de Madame Doubtfire
- Conversation avec l’animateur Chuck Jones
- Premier test du dessin animé
- Dessin animé en entier
- Maquillage avec Ve Neill
- Tests de maquillage
- Improvisation de Madame Doubtfire
- Rencontrer Madame Doubtfire
- Bandes-annonces
- Galerie photos

Conclusion

Cette édition 4K rend enfin à Madame Doubtfire (1993) le cadre et la matière que le précédent master lui avait ôtés : fenêtre de scan plus généreuse, apport franc de définition, nouvel étalonnage salvateur. Sans grande surprise, le remixage Atmos n’apporte, lui, pas grand-chose à l'expérience. La remise à niveau d'ensemble reste convaincante.