Test 4K Ultra HD Blu-ray : Les Ensorceleuses (1998)

Publié le par la Rédaction



 

Synopsis

Sally et Gillian Owens grandissent dans la grande maison blanche de leurs tantes, en Nouvelle-Angleterre, sous le poids d’une malédiction : tout homme qui aime une Owens finit par mourir. Devenues adultes, l’une cherche la stabilité, l’autre collectionne les amours orageuses — jusqu’à ce qu’un petit ami trop dangereux s’invite dans leur vie. Les sœurs se retrouvent à conjurer un sort qu’elles ne maîtrisent plus tout à fait. Entre philtres, secrets de famille et rumeurs de la ville, le film mêle comédie, romance et fantastique gothique. Et rappelle qu’avec les Owens, la magie n’est jamais tout à fait un cadeau.

 

NB : Les comparatifs image (compression .jpg, 8-bit) sont strictement à usage illustratif et sont non représentatifs de ce que l'Ultra HD Blu-ray diffusera sur votre écran UHD HDR calibré.

 

Afin de mettre en évidence l'utilisation concrète du Wide Color Gamut (WCG) sur cette édition (voir tutoriel ici), les pixels qui se situent dans la gamme standard/BT.709 (confinés à l'intérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés ici entièrement désaturés. A l'inverse, ceux faisant partie de la gamme élargie BT.2020, exclusive au disque 4K Ultra HD Blu-ray (qui s'étendent à l'extérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés en couleur :

 

Qualité Vidéo

Conte de saison devenu culte avec les années, Les Ensorceleuses (Practical Magic, 1998) de Griffin Dunne méritait bien son petit rituel de remise en beauté. Toute la magie visuelle du film tient à la photo d’Andrew Dunn : un mélange chaleureux de charme victorien de Nouvelle-Angleterre et de teintes vives un peu botaniques. Tourné en 35 mm avec des optiques Panavision, le film débarque enfin en 4K Ultra HD Blu-ray grâce à un nouveau master issu très vraisemblablement d’un récent scan des négatifs originaux. On retrouve ce film en 2160p, au ratio 2.39:1 respecté, avec HDR10 et Dolby Vision (profil DV-MEL, 10 bits), le tout sur un disque BD-66.

Dès le prologue sur la malédiction de Maria Owens, le gain sur l’ancien master HD — terne, filtré, un peu fatigué — saute aux yeux. Le nouveau scan rend bien la matière photochimique du film et améliore très sensiblement le niveau de définition. Avec le précédent Blu-ray, l’écart est immense : tant sur le tricot des châles, la dentelle des robes ou ce lierre qui grimpe sur la maison blanche des Owens. En gros plan, les visages de Sandra Bullock et Nicole Kidman retrouvent une peau chaleureuse, fine et vivante. Le grain 35 mm reste homogène grâce à l’encodage HEVC et un débit moyen autour de 60 Mbps : ça coule naturellement.

C’est surtout la couleur et la lumière qui font ici l’effet d’un bon philtre. Dunn jouait déjà sur l’écart entre les nuits feutrées des sorts et les jours dorés, un peu salins, de la côte du Massachusetts. Les couleurs sont très vives sur ce titre. Et l’usage du Wide Color Gamut (DCI-P3) accentue la vivacité d’éléments bien ciblés : la verdoyance des jardins, le pourpre des pétales et des philtres d’amour, et le roux de Gillian qui tranche nettement avec la chevelure d’ébène de Sally. On pourra seulement chipoter sur le rendu occasionnel des teintes chair. Dans plusieurs scènes, surtout en extérieur, les carnations prennent une dominante un brin trop chaude, qui ôte un peu de naturel aux visages. Ce n’est pas constant, mais ça se remarque. Sur le HDR, Warner ne fait pas dans la timidité. Les pics lumineux tournent en moyenne autour de 714 nits — ce qui reste élevé pour un film de cette époque. Les contrastes s’ouvrent, les sources de lumière pratiques prennent du relief. Dans la cuisine, les flammes des chandeliers et des réchauds percent se remarquent par leur intensité.

Au bout du compte, un transfert joliment texturé, vivant et lumineux à souhait.

 

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Les Ensorceleuses (1998)

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Les Ensorceleuses (1998)

 

Qualité Audio

Les Ensorceleuses (Practical Magic, 1998) s’invite en 4K Ultra HD Blu-ray avec un remixage de la VO en Dolby Atmos (3768 kbps), épaulé par l’ancien mixage DTS-HD Master Audio 5.1. Sans chercher à bousculer la nature hybride de ce classique des années 90, la nouvelle piste apporte une aération bienvenue.

Le mixage reste fidèle à l’époque et ancre l’essentiel de son activité sur la scène frontale. Le canal central porte des dialogues très clairs, des incantations murmurées aux répliques piquantes entre Sally et Gillian. La vraie plus-value se joue plutôt du côté de la musique et des ambiances côtières. La partition d’Alan Silvestri, féerique et un peu mélancolique, gagnent en aération. Dans la grande maison victorienne des tantes, on entend plus nettement les craquements des boiseries, le vent marin sous les combles, le bourdonnement nocturne autour de la bâtisse. Les petits détails organiques — comme le crépitement du feu pendant les préparations — se détachent clairement.

C’est surtout à l’heure des sortilèges que le remixage se déploie vraiment, avec une spatialisation plus appuyée. Les passages paranormaux animent la scène et font circuler les objets sonores : orage et tonnerre au-dessus de la tête, souffle spectral dans les surrounds et les hauteurs, voix d’outre-tombe qui se déplacent dans la pièce. Le mixage monte encore d’un cran à la résurrection de Jimmy Angelov, puis au grand rituel d’exorcisme final. Quelques-uns de ces exemples bien concrets sont à découvrir en binaural dans notre vidéo jointe. Côté VF, elle reste proposée en Dolby Digital 5.1 (640 kbps).

 

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Les Ensorceleuses (1998)

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Les Ensorceleuses (1998)

 
 

Bonus

- Commentaires audio
- Le sort est jeté
- Making-of

Conclusion

Une remise à niveau enivrante. Le bond en avant se joue d’abord sur l’image : une définition enfin à la hauteur, un HDR qui réveille couleurs et lumières sans casser le charme un peu romanesque du film. Côté son, le Dolby Atmos ne cherche pas à tout réinventer, mais il s’amuse vraiment dès que le fantastique s’invite — sorts, orage, rituel, souffle spectral. Assez pour redonner à ces ensorceleuses leur pouvoir d’attraction…