Test 4K Ultra HD Blu-ray : 28 Jours Plus Tard (2002)

Publié le par la Rédaction



 

Synopsis

Un mystérieux virus de la rage ravage l'Angleterre, transformant les humains en monstres ultra-violents. Jim se réveille d'un coma 28 jours après le début de l'épidémie et découvre un Londres totalement désert. Il s'unit à une poignée de survivants pour tenter de fuir les infectés qui les traquent sans relâche. Guidé par un message radio, le groupe rejoint un camp militaire à Manchester censé être un refuge sûr. Sur place, ils découvrent que les soldats sont devenus aussi fous et dangereux que les créatures du dehors.

 

NB : Les comparatifs image (compression .jpg, 8-bit) sont strictement à usage illustratif et sont non représentatifs de ce que l'Ultra HD Blu-ray diffusera sur votre écran UHD HDR calibré.

 

Afin de mettre en évidence l'utilisation concrète du Wide Color Gamut (WCG) sur cette édition (voir tutoriel ici), les pixels qui se situent dans la gamme standard/BT.709 (confinés à l'intérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés ici entièrement désaturés. A l'inverse, ceux faisant partie de la gamme élargie BT.2020, exclusive au disque 4K Ultra HD Blu-ray (qui s'étendent à l'extérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés en couleur :

 

Qualité Vidéo

28 jours plus tard (2002) n’a jamais été un film « beau » au sens classique. Danny Boyle et Anthony Dod Mantle ont filmé un Londres vidé et des infectés lancés à pleine vitesse avec des caméras grand public Canon XL1. Quasi tout le long-métrage est en Mini-DV, définition standard. Seul l’épilogue à la campagne passe par du 35 mm. Vingt-quatre ans plus tard, le passage du film en UHD pose donc une question simple : que peut-on encore tirer d’une source 576i sur un écran moderne ?

Sony est retourné aux bandes MiniDV pour le corps du film et au négatif 35 mm pour la fin. Environ 95 % de l’image reste donc une source SD mise à l’échelle en 3840 × 2160 pixels. Sans IA, on n’invente pas de détail qui n’était pas dans le capteur. Les plans larges de la ville, les immeubles au loin, les masses de feuillage restent mous. Bruit fixe, aliasing, franges colorées, flou de mouvement un peu saccadé : les stigmates de 2002 sont toujours là.

L’apport principal de cette édition UHD (BD-100, DV-MEL) n’est pas un gain de définition miraculeux, mais le retrait des traitements des masters précédents. En abandonnant l’accentuation des contours des précédentes éditions, Sony élimine halos, contours dédoublés et crénelage outrancier. Sur les plans moyens et rapprochés, visages, cheveux, plaies et textiles gagnent en cohésion et en naturel, dans les limites de ce que la source peut donner. Le débit élevé de la compression favorise aussi une meilleure lisibilité. Conséquence indirecte : l’image paraît clairement plus fine, plus douce. Peut-être aussi un peu plus molle dans les textures d’arrière-plan... Mais c’est le film tel qu’il a été pensé et capté, non une version dont les matières ont été altérées par des traitements et une compression aléatoires. Le choc arrive avec l’épilogue. Passé au négatif 35 mm, il offre enfin un sentiment de netteté redoutable : herbe, grain de peau, mailles des vêtements. On voit d’un coup ce que le reste du film ne pourra jamais être.

L’étalonnage HDR, lui, change vraiment la donne malgré une approche logiquement très prudente sur les intensités lumineuses (moyenne de pics mesurée à 200 nits). Même si la Mini-DV était nativement SDR, la séparation des tons est plus juste et les contrastes bien meilleurs. Les carnations des rescapés paraissent naturelles, nettement distinctes du teint congestionné des infectés. Le sang n’a plus ces orangés des anciennes copies : il est plus sombre, plus artériel. L’explosion de la station-service et les barricades en feu ont plus d’éclat, sans noyer ce qui se trouve à côté.

Les gains les plus nets concernent le débouchage des zones d'ombres - dans le métro et les couloirs du manoir, les apports sont flagrants - et la récupération de détails dans les zones qui paraissaient violemment surexposées sur le précédent disque. Pour un film né en Mini-DV, c’est très probablement le meilleur compromis que Sony Pictures pouvait offrir.

 

Test 4K Ultra HD Blu-ray : 28 jours plus tard (2002)

Test 4K Ultra HD Blu-ray : 28 jours plus tard (2002)

 

Qualité Audio

Le nouveau mix VO Dolby Atmos (4485 kbps) de 28 jours plus tard (2002) n’essaie pas de moderniser le film à tout prix. Il part d’une évidence : chez Boyle, la terreur naît moins de l’image que de ce qu’on entend, et surtout de ce qu’on n’entend plus. Londres a été vidé. Plus de rumeur urbaine, plus de flux, seulement un survivant qui avance dans une ville dévastée. Les infectés occasionnent des jump scares. Ils surprennent, comme la Rage elle-même. Le remix Atmos comprend cette mécanique et la prolonge, sans recouvrir le récit d’effets superflus.

Pleinement intacte sur cette VO, la dynamique en est la clé. Un Loudness Range de 25,2 LU reste rare sur un film de catalogue grand public en vidéo-disque. Les écarts sont francs : le mix ne les atténue pas. Après le réveil à St Thomas, l’hôpital et les rues ne sont pas « habillés » en continu. On entend subtilement le vent dans les avenues désertées, une canette qui roule sur l’asphalte, un avis de recherche qui virevolte, le pas de Jim trop seul. Ces micro-détails construisent une quarantaine sonore, une fausse quiétude, le calme d’une ville déjà perdue. Et dès que la Rage entre en scène, les assauts des infectés arrivent avec des transitoires francs : course, choc, râle. C’est violent, choquant, et la recette fonctionne toujours après 24 ans.

Les canaux de hauteur servent le récit sans effet gratuit. Échos caverneux dans les couloirs de l’hôpital, gouttes qui tombent des plafonds, pas qui courent au-dessus dans le manoir : la menace vient aussi d’en haut, comme si l’infection occupait déjà tout le volume. Lors du climax sous l’orage, les canaux supérieurs s’en donnent à cœur joie. Quelques extraits Atmos sont proposés en binaural dans la vidéo jointe, avec une visualisation pour suivre la trajectoire des objets sonores pendant les assauts et la fameuse explosion à la station-service. La Vf reste quant à elle en DTS-HD Master Audio 5.1 (sous 16-bit).

 

Test 4K Ultra HD Blu-ray : 28 jours plus tard (2002)

Test 4K Ultra HD Blu-ray : 28 jours plus tard (2002)

 
 

Bonus

- Commentaire audio de Danny Boyle et du scénariste Alex Garland
- Rage Pure : Le making-of
- Scènes coupées et fins alternatives
- Clip vidéo de Jacknife Lee
- Storyboards animés
- Galeries photos
- Bande-annonce

Conclusion

Cette édition UHD ne réinvente pas 28 jours plus tard (2002). Une mise à l'échelle n’efface pas par miracle la nature SD de la captation : plans larges mous, artefacts de 2002 toujours palpables. L’apport vient du retrait des anciens traitements et d’un étalonnage HDR plus juste, qui débouche les ombres et reprend des hautes lumières autrefois brûlées. Pour une source SD, c’est le bon compromis. Le vrai saut, c’est la VO Dolby Atmos : le vide, puis la Rage, avec une dynamique rare et une verticalité utile. Nos attentes étaient faibles pour ce titre. On a été agréablement surpris.