Test 4K Ultra HD Blu-ray : Disjoncté (1996)
Publié le par la Rédaction
Synopsis
Steven Kovacs, récemment séparé, emménage seul dans un nouvel appartement. Pour se brancher au câble, il fait appel à Chip Douglas, un installateur excessivement serviable et un peu trop collant. Chip multiplie les attentions, offre des cadeaux et s’invite sans cesse dans la vie de Steven. Ce qui commence comme une amitié forcée bascule rapidement dans l’obsession et le malaise. Steven tente de prendre ses distances, mais Chip refuse de lâcher prise. Ses interventions se font de plus en plus intrusives et menaçantes.
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NB : Les comparatifs image (compression .jpg, 8-bit) sont strictement à usage illustratif et sont non représentatifs de ce que l'Ultra HD Blu-ray diffusera sur votre écran UHD HDR calibré.
Afin de mettre en évidence l'utilisation concrète du Wide Color Gamut (WCG) sur cette édition (voir tutoriel ici), les pixels qui se situent dans la gamme standard/BT.709 (confinés à l'intérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés ici entièrement désaturés. A l'inverse, ceux faisant partie de la gamme élargie BT.2020, exclusive au disque 4K Ultra HD Blu-ray (qui s'étendent à l'extérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés en couleur :
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Qualité Vidéo
Satire grinçante signée Ben Stiller, Disjoncté (The Cable Guy, 1996) anticipait déjà avec acuité l'aliénation médiatique et l'obsession de l'hyper-connexion. Tourné en 35 mm (Super 35) sous la direction photographique de Robert Brinkmann, le film célèbre son 30e anniversaire avec une édition 4K Ultra HD Blu-ray signée Sony Pictures. Elle s’appuie sur une nouvelle restauration 4K issue d’un scan récent des négatifs originaux. Le long-métrage est proposé en 2160p sur un disque BD-100, au ratio 2.40:1, en HEVC, avec HDR10 et Dolby Vision (profil DV-MEL, 10-bit).
Dès les premières images, le gain face au Blu-ray précédent est sensible. La fenêtre de scan, plus généreuse, fait apparaître aux différents coins du cadre des portions d’image inédites. La définition gagne en précision : dans le salon encombré de Steven Kovacs (Matthew Broderick), le fouillis d’appareils, l’enchevêtrement de câbles et les reliures de livres se distinguent plus clairement. Les gros plans sur le visage mobile de Chip Douglas (Jim Carrey) gagnent en finesse. Le grain 35 mm est préservé. Le tout est porté par un encodage HEVC très solide (débit ultra stable autour de 77 Mbps en moyenne).
La photographie de Robert Brinkmann fait basculer une comédie urbaine faussement banale vers un thriller paranoïaque. Le HDR, assez musclé sur les intensités (moyenne de pics lumineux mesurée à 517 nits, maxCLL à 4 chiffres), amplifie les contrastes : noirs plus profonds, zones d’ombre mieux lisibles, hautes lumières plus dynamiques. Ombres portées lors des intrusions de Chip, phares dans l’obscurité, et surtout le climax sous la pluie au cœur de la parabole — éclairs, arcs électriques, reflets sur le métal détrempé — gagnent en relief.
Côté colorimétrie, le nouveau master corrige surtout les dérives magentas de l’édition Blu-ray précédente. Les carnations, moins capricieuses, retrouvent un naturel plus juste, sans bascule violine. Les mobilisations de couleurs issues du Wide Color Gamut sont à apprécier plan par plan : lueur bleutée des téléviseurs, néons du karaoké, couleurs criardes au Medieval Times avec les robes et costumes des chevaliers aux bleus saturés.
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Qualité Audio
Sony Pictures a confié à la version originale un remixage en Dolby Atmos (core TrueHD 7.1, 4488 kbps). Le résultat s’avère à demi-teinte. Sur le plan horizontal, le travail reste solide et respectueux de la spatialisation d’origine. L’axe frontal domine largement, avec un canal central d’une grande clarté. Les séquences plus démonstratives — le tournoi chez Medieval Times, le karaoké sur Somebody to Love, les délires de Cable Town — déploient une belle énergie sur les canaux latéraux et surround. Quand Chip déclenche toutes les alarmes de voiture en poursuivant Steven, celles-ci surgissent de toutes parts.
C’est en revanche du côté des hauteurs que le remixage déçoit. L’exploitation de l’espace vertical reste très limitée. Les séquences d’action et les passages sous la pluie, notamment le climax sur la parabole, auraient pu trouver un relais naturel au plafond (gouttes, tonnerre, pales d’hélicoptère). Il n’en est rien : aucun effet distinct n’habite franchement les canaux de hauteur. Seul un modeste relais de la musique de John Ottman et des titres rock se fait sentir en hauteur, de façon marginale. Nos extraits en binaural et Atmos Viewer sont disponibles dans la vidéo jointe et illustrent nos propos. Le précédent mixage VO et la VF sont tous deux restitués en DTS-HD Master Audio 5.1 (sous 16-bit, 2007 et 2048 kbps).
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Bonus
- NOUVEAU ! Conversation pour le 30e anniversaire
- Gag Reel
- Scènes coupées et rallongées
- Commentaire audio
- HBO First Look : The Making of The Cable Guy
- Répétitions
- Test caméra de nuit
- Audition de Leslie Mann
- Clip « Leave Me Alone » de Jerry Cantrell
- Bande-annonce cinéma
Conclusion
Trente ans après sa sortie, Disjoncté (1996) reste un film plus intelligent que sa réputation ne le laisse croire. Cette édition 4K ne transforme pas radicalement l’œuvre, mais elle lui donne enfin les moyens techniques de son propos : le nouveau master clarifie sans aseptiser, le grain reste présent et la colorimétrie corrige les dérives du passé tout en s’appropriant les capacités permises par le HDR. Le remixage Atmos, en revanche, reste en deçà de ce que le matériau permettait. Une solide édition, largement suffisante pour redécouvrir le film ou le revoir dans de meilleures conditions.



