Test 4K Ultra HD Blu-ray : Alice au Pays des Merveilles (1951)
Publié le par la Rédaction
Synopsis
En suivant un lapin blanc très pressé, Alice pénètre au pays des merveilles, où elle rencontre les plus étranges créatures : Tweedle Dum et Tweedle Dee, une chenille férue de poésie, le chapelier toqué et le lièvre de mars qui fêtent son « non-anniversaire » en prenant le thé. L'un des plus grands classiques Disney.
Test effectué depuis l'édition (import USA) qui a le mérite de disposer d'une VFF et de sous-titres FR.
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NB : Les comparatifs image (compression .jpg, 8-bit) sont strictement à usage illustratif et sont non représentatifs de ce que l'Ultra HD Blu-ray diffusera sur votre écran UHD HDR calibré.
Afin de mettre en évidence l'utilisation concrète du Wide Color Gamut (WCG) sur cette édition (voir tutoriel ici), les pixels qui se situent dans la gamme standard/BT.709 (confinés à l'intérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés ici entièrement désaturés. A l'inverse, ceux faisant partie de la gamme élargie BT.2020, exclusive au disque 4K Ultra HD Blu-ray (qui s'étendent à l'extérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés en couleur :
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Qualité Vidéo
Cette sortie en 4K Ultra HD Blu-ray d’Alice au Pays des Merveilles (1951) est l'aboutissement d'un projet de restauration méticuleux de neuf mois, dirigé en interne par l'équipe de préservation des studios Walt Disney. Plutôt que de s'appuyer sur le précédent intermédiaire numérique, la décision cruciale a été prise de replonger au fond du terrier en revenant aux éléments fondateurs. Les spécialistes ont procédé à une nouvelle numérisation des négatifs nitrate originaux à expositions successives (SE). S'en est suivie une restauration numérique rigoureuse visant à effacer les outrages du temps (poussières, distorsions optiques, usure) tout en veillant à conserver intactes l’identité visuelle de l’œuvre et la justesse de ses couleurs d’origine. L’ensemble du processus s’est appuyé sur les archives de production conservées par la Walt Disney Animation Research Library. L’étalonnage final a été supervisé en étroite collaboration avec Michael Giaimo, figure emblématique de l’animation Disney, apportant une caution artistique supplémentaire au projet. Alice au Pays des Merveilles (1951) nous parvient sur cette édition importée des USA sur un disque BD-66. Le film y est présenté en 2160p, au ratio 1.37:1, soutenu par une compression HEVC et des métadonnées Dolby Vision (profil DV-FEL, sous 12-bit).
Le premier élément qui frappe, en comparant cette édition 4K au précédent Blu-ray de 2011, concerne la géométrie de l'image. La fenêtre de scan a été réajustée pour respecter le ratio 1.37:1. Objectivement, on perd une fraction d'informations sur les deux flancs verticaux (en haut et en bas de l'image) par rapport au ratio 1.33 de l'ancienne galette. En contrepartie, on gagne en respiration sur les portions latérales, légèrement plus larges qu'auparavant.
Mais le changement le plus significatif réside dans l’abandon de l’aspect lissé qui affectait l’édition Blu-ray de 2011. La texture pellicule retrouve ici toute sa finesse et son authenticité. Un grain organique, délicat et constant, accompagne désormais les 75 minutes du film, redonnant vie à la matière même de l’animation traditionnelle. Cette restitution s’accompagne d’un gain évident en définition : les traits gagnent en précision, les décors peints révèlent la subtilité des coups de pinceau, et les imperfections inhérentes au dessin à la main participent pleinement au charme d’antan retrouvé. La célèbre chute d’Alice dans le terrier illustre parfaitement cette amélioration, avec une profusion d’objets (horloges, lampes, chaises à bascule) aux contours nets et plus fins. L’encodage vidéo encaisse ce foisonnement avec maestria, soutenu par un bitrate moyen stratosphérique de 87,3 Mbps (surcouche DV-FEL incluse),
C’est sur le terrain des couleurs que le disque révèle sa véritable mue, non sans susciter une certaine surprise initiale. L’étalonnage rompt radicalement avec celui du Blu-ray de 2011, dont la palette vive et sursaturée flirtait quelque peu avec l’artifice. Ceux qui s’attendaient à une image plus éclatante et démonstrative grâce au HDR pourraient être surpris : l’approche adoptée aujourd’hui privilégie au contraire une retenue assumée. Les teintes retrouvent une dimension pastel sobre, douce et résolument onirique. La chevelure d’Alice, notamment, s’inscrit désormais dans un jaune plus discret, sensiblement moins saturé. En HDR, la philosophie demeure tout aussi mesurée, avec des pics lumineux contenus — autour de 134 nits en moyenne — et des fulgurances seulement réservées à des éléments porteurs de sens. La lueur intense de la montre à gousset du Lapin Blanc ou les étincelles fugitives accompagnant la bougie soufflée chez le Chapelier Fou illustrent parfaitement cette approche sélective.
Fini surtout les vilaines dérives magentas qui entachaient le précédent disque, notamment sur les ciels de la campagne anglaise lors de la séquence introductive (le premier plan de notre comparatif vidéo) et les visages des cartes-jardiniers. L'apport du Wide Color Gamut (ici BT.2020) couronne le tout : les rosiers du labyrinthe et la robe de la Reine de Cœur s'illustrent à travers des rouges d'une intensité aussi majestueuse que terrifiante. Une authentique redécouverte.
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Qualité Audio
De nouveau convié en version originale via une piste DTS-HD Master Audio 5.1, Alice au pays des merveilles (1951) déploie une restitution sonore sans fioritures inutiles, presque comme guidée par une logique propre au Pays des Merveilles : ici, point de démesure tapageuse, mais un équilibre sauvegardé. Inutile, dès lors, de chercher à comparer cette proposition aux architectures sonores foisonnantes des productions d’animation contemporaines. L’approche, résolument classique, épouse avec justesse l’âge et la nature de l’œuvre, pour un résultat qui demeure sans surprise. À l’image d’un sentier bien tracé au cœur d’un jardin fantasque, la scène frontale concentre l’essentiel de l’expérience. Le canal central, orchestre avec précision la restitution des dialogues : clairs, intelligibles et exempts de toute stridence excessive. Cette apparente frontalité ne se révèle toutefois jamais figée. Elle s’ouvre subtilement sous l’impulsion de la partition d’Oliver Wallace, véritable fil conducteur de cette promenade sonore. La version originale mono 2.0 reste disponible en Dolby Digital 2.0 (320 kbps). La VFF reste elle-aussi inchangée (Dolby Digital 5.1, comme sur le précédent Blu-ray).
En VO DTS-HD Master Audio 5.1 (3059 kbps, sous 24-bit), la valeur de Loudness Range a été mesurée à 12.3 LU.
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Bonus
- Le Blu-ray 1080p inclus est un portage du disque de 2011 pour la sortie du 60e anniversaire
- Les Coulisses de Disney (Backstage Disney)
- Par le trou de la serrure – Introduction de Kathryn Beaumont
- Par le trou de la serrure : Un guide pour accompagner le Pays des Merveilles
- Images de référence : Alice et la Poignée de porte
- Images de référence : Alice et la Poignée de porte avec les commentaires de Kathryn Beaumont
- Test au crayon : Alice rétrécit
- Introduction à la télévision en couleur de Walt Disney (1959)
- Réflexions sur Alice
- Opération Pays des Merveilles
- "I'm Odd" - Chanson inédite du Chat du Cheshire
- "De l'autre côté du miroir" - Court-métrage d'animation de Mickey Mouse
- Une heure au Pays des Merveilles
- Une comédie d'Alice : Le Pays des Merveilles d'Alice
- Bandes-annonces
- Introduction de 1954
- Introduction de 1964
- The Fred Waring Show (Extrait)
- Scènes coupées
- Clips musicaux
Conclusion
Pour ses 75 ans, Alice au pays des merveilles (1951) s’éveille à une restauration de grande ampleur, guidée par un nouveau scan et une compression vidéo d’une grande précision. L’étalonnage, lui, semble avoir refermé doucement la porte des excès chromatiques pour revenir à une palette plus sobre et délicate, presque murmurée, fidèle à l’esprit visuel de ce grand classique des années 1950. Une édition import USA qui a le mérite de bénéficier d’une VFF et de sous-titres FR. Indispensable !



