Test 4K Ultra HD Blu-ray : Bugonia (2025)

Publié le par la Rédaction



 

Synopsis

Teddy, un apiculteur obsédé par les théories conspirationnistes, convainc son cousin Don de l'aider à accomplir une mission vitale : sauver l'humanité. Ensemble, ils séquestrent Michelle, la puissante dirigeante d'un empire pharmaceutique, qu'ils soupçonnent d'être une créature extraterrestre infiltrée. Prisonnière d'un sous-sol, crâne rasé et soumise à des interrogatoires brutaux, la PDG tente de survivre en entrant dans le délire de ses tortionnaires.

Test effectué depuis l'édition Universal (import UK) avec VO Dolby Atmos et VFF Dolby Digital (640 kbps). Sortie équivalente en France le 8 avril.

 

NB : Les comparatifs image (compression .jpg, 8-bit) sont strictement à usage illustratif et sont non représentatifs de ce que l'Ultra HD Blu-ray diffusera sur votre écran UHD HDR calibré.

 

Afin de mettre en évidence l'utilisation concrète du Wide Color Gamut (WCG) sur cette édition (voir tutoriel ici), les pixels qui se situent dans la gamme standard/BT.709 (confinés à l'intérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés ici entièrement désaturés. A l'inverse, ceux faisant partie de la gamme élargie BT.2020, exclusive au disque 4K Ultra HD Blu-ray (qui s'étendent à l'extérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés en couleur :

 

Qualité Vidéo

Fruit d’une nouvelle symbiose créative avec son chef opérateur fétiche Robbie Ryan, Bugonia (2025) marque un tournant esthétique majeur dans la filmographie de Yorgos Lanthimos. L’excentricité des optiques grand-angle de leurs précédents projets s'efface ici au profit d'une grammaire plus posée. Une identité visuelle forgée par un choix technique non moins radical : le recours quasi-total (90% des plans) au format VistaVision (négatif 35mm à défilement horizontal). Tout cela via l’utilisation de la rare caméra Wilcam W11 couplée à des optiques Panavision. Et ces éléments nobles ont surtout bénéficié d'un scan opéré en 6.5K pour aboutir à un master de grande qualité. Universal livre ici une édition Ultra HD incarnée par un disque BD-100, proposant une présentation en 2160p HDR10. Notez l’absence de Dolby Vision sur ce titre.

Dès l'ouverture, Bugonia (2025) impose sa grammaire visuelle singulière. Le ratio 1.50:1, évoquant les proportions du 24x36 photographique, rompt avec l’horizontalité panoramique traditionnelle pour privilégier une verticalité non moins oppressante. Ce ratio tend à réduire l'espace vital des personnages à l'écran, créant une proximité forcée et inconfortable. La mise en scène du sous-sol, saturée par des plafonds bas et un décor encombré, cristallise ce sentiment de claustration. Mais c’est vraiment sur le terrain de la définition que cette édition Ultra HD affirme sa supériorité. La surface d'exposition du négatif VistaVision, largement supérieure au 35mm conventionnel, éclate ici de toute sa superbe. Une impression d’hyper-netteté domine le visionnage, sublimée par de nombreux plans fixes sur la campagne qui invitent à une contemplation prolongée.

Les gros plans sur les visages de Teddy et Don, ou sur la PDG captive, révèlent une myriade de détails épidermiques avec une acuité largement supérieure au Blu-ray 1080p. Les extérieurs se distinguent tout autant : les forêts de hêtres et les pâturages vallonnés surprennent par leur netteté redoutable, offrant une fenêtre inédite sur le réel. Inhérent au support pellicule, le grain s'affiche avec une finesse qui n’est pas à reprendre non plus. La gestion supérieure des textures de la version UHD, compressée en HEVC, est particulièrement criante lors des séquences de flashback tournées sur pellicule noir et blanc.

L’étalonnage HDR, quant à lui, souffle le chaud et le froid. Sur le registre chromatique, le disque se montre généreux. L'image, chaude et richement saturée, exploite habilement le Wide Color Gamut pour magnifier les couleurs naturelles en extérieur, et celles, plus sourdes et maladives, dans la cave de l'habitation. Les verts de la végétation environnante et les tons boisés de la demeure de Teddy sortent du lot. Cependant, la gestion de la plage dynamique reste d’une sobriété radicale. Nous sommes face à une approche extrêmement conservatrice sur les intensités lumineuses, proche d’une version SDR qui aurait été encapsulée dans un conteneur HDR. Avec une moyenne de pics lumineux mesurée à peine à 101 nits, les hautes lumières issues des éclairages pratiques restent très contenues. Vous êtes prévenus... Ce parti-pris, sans doute délibéré pour coller à une esthétique analogique, limite l’intérêt des métadonnées dynamiques et du tone-mapping. Et cela explique certainement l'absence de Dolby Vision sur cette édition.

 

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Bugonia (2025)

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Bugonia (2025)

 

Qualité Audio

Soyons clairs : la piste Dolby Atmos de Bugonia (2025) en version originale n’a aucune intention de transformer votre salon en parc d’attractions. Fidèle à la radicalité de Yorgos Lanthimos, le mixage adopte une retenue presque doctrinale et demeure majoritairement centré sur l’axe frontal.

Cette approche s’appuie sur un principe technique fort : le refus de la post-synchronisation. Les dialogues, enregistrés en prise directe, ont été isolés puis restaurés à l’aide d’outils de traitement spectral afin d’atténuer les bruits parasites du plateau, parmi lesquels la mécanique des caméras VistaVision. De cette matière sonore naît à l’écoute une impression d’étouffement, une relative opacité qui renforce la sensation d’enfermement des protagonistes dans leur univers clos. N’espérez donc pas une activité surround démonstrative destinée à déployer la forêt alentour ou à matérialiser une circulation lointaine avec un réalisme absolu. Le silence — ou, plus exactement, la raréfaction volontaire des ambiances immersives — sert le projet narratif. Les canaux latéraux et arrière sont détournés de leur vocation pour épouser l’espace mental des personnages, en particulier la paranoïa de Teddy. Et c’est principalement la partition de Jerskin Fendrix qui investira ces zones latérales et arrières.

En Atmos, et la lecture du document Waveform le confirme, l’activité des enceintes de hauteur demeure globalement marginale. Elle surgit toutefois avec une brutalité jouissive lors d’une séquence charnière — l’attaque du policier avec l’essaim d’abeilles — ainsi que durant les instants finaux de libération.

En VO Atmos, core TrueHD 7.1 (3305 kbps), l'indicateur de Loudness Range a été mesurée à 20.7. La VFF reste en Dolby Digital 640 kbps.

 

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Bugonia (2025)

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Bugonia (2025)

 
 

Bonus

  • La Naissance et les Abeilles : Le making-of de BUGONIA
  • Interviews approfondies avec les acteurs principaux Emma Stone et Jesse Plemons, ainsi qu'avec le reste de la distribution et de l'équipe technique.
  • Séquences des coulisses (Behind-the-scenes) détaillant la conception des décors, la création musicale et le travail de la cinématographie.

Conclusion

Bugonia (2025) brille par son audace formelle. Cette édition 4K Ultra HD honore parfaitement le format VistaVision via un scan 6.5K à la définition époustouflante. L'étalonnage HDR, bien que discret dans les hautes lumières, sublime avec justesse les couleurs et la composition rigoureuse des plans.