Test 4K Ultra HD Blu-ray : Conjuring: L'heure du jugement (2025)

Publié le par la Rédaction



 

Synopsis

En 1964, Lorraine et Ed Warren, enquêteurs du paranormal, font face à un être démoniaque qui menace la vie de leur enfant à naître. Vingt-deux ans plus tard, les Warren ont pris leur retraite, mais leur fille Judy demeure tourmentée par des visions mystérieuses et terrifiantes. En même temps, en Pennsylvanie, la famille Smurl fait l'acquisition d'un miroir ancien, sans se douter du danger qui la guette.

 

NB : Les comparatifs image (compression .jpg, 8-bit) sont strictement à usage illustratif et sont non représentatifs de ce que l'Ultra HD Blu-ray diffusera sur votre écran UHD HDR calibré.

 

Afin de mettre en évidence l'utilisation concrète du Wide Color Gamut (WCG) sur cette édition (voir tutoriel ici), les pixels qui se situent dans la gamme standard/BT.709 (confinés à l'intérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés ici entièrement désaturés. A l'inverse, ceux faisant partie de la gamme élargie BT.2020, exclusive au disque 4K Ultra HD Blu-ray (qui s'étendent à l'extérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés en couleur :

 

Qualité Vidéo

Clap de fin pour les époux Warren. Avec Conjuring : l'Heure du Jugement (2025), Michael Chaves orchestre les adieux déchirants de Patrick Wilson et Vera Farmiga à travers l’affaire de la famille Smurl. Pour marquer cette rupture temporelle — l’action nous plonge dans la fin des années 80 —, le directeur de la photographie Eli Born s’impose avec une vision technique bien arrêtée. Le tournage a mobilisé la caméra numérique Arri Alexa 35, associée à la douceur des optiques anamorphiques vintage Panavision (Séries C et T). Le disque Ultra HD Blu-ray, un BD-100, propose un encodage en HEVC. On y retrouve un ratio variable (1.78:1 pour les scènes IMAX & 2.39:1) et les deux options HDR10 et Dolby Vision (profil DV-MEL, sous 10-bit).

L'identité visuelle de ce long-métrage repose en partie sur un tour de force technique signé FotoKem : le procédé Shift. À l’instar de productions comme The Batman ou Dune, le film a bénéficié d’une étape d’intermédiaire analogique : les images captées en amont en numérique ont été portées sur pellicule 35mm, puis numérisées à nouveau en résolution 4K. L'objectif ? Apporter une texture, une patine et une "respiration" argentique aux images finales. Ce procédé rompt avec l'esthétique hyper-clean et standardisée des capteurs numériques. Et il a une large contribution sur le rendu image d'aujourd'hui.

L’apport en définition par rapport au Blu-ray 1080p reste manifeste. L'image en UHD gagne en densité et en caractère. Le piqué, bien que doux par choix artistique, révèle une précision bien plus aboutie. Cela se ressent sur le rendu des textures : les tapisseries d'époque, le grain de peau des acteurs et les nombreux détails en bois de la maison de Pennsylvanie. L’absence d’artefacts de compression est à saluer, d’autant que la caméra, très souvent portée à l’épaule pour traduire les troubles cardiaques d’Ed Warren et la panique de Judy, impose une nervosité et un mouvement constant pas toujours facile à restituer. L'expérience de visionnage est aussi rythmée par l'intégration des scènes IMAX. Le film, présenté majoritairement en format large 2.39:1, s’ouvre généreusement en 1.78:1 (plein cadre) lors des séquences clés, totalisant environ 8 minutes d’expérience. La transition est particulièrement efficace lors de la "scène du miroir", où la jeune fille essaye une robe : l'ouverture du cadre signale insidieusement la montée du danger.

L’étalonnage HDR vient parachever cette esthétique avec une dichotomie marquée. On retrouve d’un côté la chaleur des intérieurs domestiques, baignés par la lumière orangée des ampoules à incandescence typiques de la décennie. De l’autre, les incursions spectrales saturent l’image de bleus stylisés, de cyans et de verts maladifs, avec de franches mobilisations du Wide Color Gamut sur ces teintes complémentaires. Dans ce film visuellement très sombre, les hautes lumières — lampes torches, éclairs d’orage ou lueur cathodique des télévisions d’époque — bénéficient d'une montée en luminance un peu plus perforante. Toutefois, avec une moyenne de pics lumineux mesurée à 126 nits, on reste dans une approche conservatrice sur les intensités lumineuses déployées.

 

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Conjuring : l'Heure du Jugement (2025)

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Conjuring : l'Heure du Jugement (2025)

 

Qualité Audio

L'édition 4K Ultra HD Blu-ray de Conjuring : L'Heure du Jugement (2025) se distingue par un effort éditorial qu'il convient de saluer : les pistes VO et VF sont toutes deux proposées en Dolby Atmos. Appréciable pour sa grande dynamique, le mixage évite l’écueil du sursaut gratuit. Il ne se contente pas de surprendre par des jump-scares faciles ; il édifie une véritable architecture horrifique, pensée pour oppresser sur la durée.

L'ouverture du film, marquée par l'accouchement dramatique de Lorraine, donne immédiatement le ton : les éléments climatiques se déchaînent avec une verticalité agressive. Pluie battante, coups de tonnerre et râle caverneux d'entités maléfiques saturent les canaux de hauteur pour enfermer le spectateur dans une bulle de stress immédiat. Et on ne s’arrête pas là en si bon chemin. Car une fois l'intrigue installée dans la maison des Smurl (1986), la précision du travail sonore se révèle fascinante. Le silence n'y existe pas vraiment ; il est remplacé par une activité de micro-détails constants — bourdonnements électriques, gémissements de la charpente, aboiements et souffles d'air — qui maintiennent une tension nerveuse permanente. Sur le plan de la spatialisation, la fluidité est de mise : les chuchotements spectraux traversent la pièce avec des panoramiques naturels, sans jamais donner l'impression de "sauter" d'un canal à l'autre. Enfin, les canaux de hauteur sont exploités avec brio pour incarner le danger venant du plafond, qu'il s'agisse de lourds pas dans le grenier, du grondement de l'orage ou d'assauts spectraux venus de toutes parts. Une expérience éprouvante, dont quelques extraits vous sont présentés en reproduction binaurale dans notre vidéo jointe

VO et VF sont aujourd'hui restituées en Dolby Atmos, core TrueHD 7.1, sous 16-bit (3286 kb/s & 3251 kb/s). L'indicateur de Loudness Range a été mesuré sur la version originale à un solide 23.7 LU.

 

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Conjuring : l'Heure du Jugement (2025)

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Conjuring : l'Heure du Jugement (2025)

 
 

Bonus

- L’heure du jugement : la fin d’une ère
- Conjuring : la fabrique des frayeurs
- Michael Chaves : le vrai croyant

Conclusion

Pris entre regard rétrospectif et volonté de renouvellement, le film convainc sans effacer ses limites. Les fans fidèles à la saga trouveront ici un épilogue honnête, servi par une édition 4K Ultra HD Blu-ray difficilement prise en défaut. Mention spéciale à la qualité de la section sonore.