Test 4K Ultra HD Blu-ray : Une bataille après l'autre (2025)
Publié le par la Rédaction
Synopsis
Ancien révolutionnaire désabusé et paranoïaque, Bob vit en marge de la société, avec sa fille Willa , indépendante et pleine de ressources. Quand son ennemi juré refait surface après 16 ans et que Willa disparaît, Bob remue ciel et terre pour la retrouver, affrontant pour la première fois les conséquences de son passé…
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NB : Les comparatifs image (compression .jpg, 8-bit) sont strictement à usage illustratif et sont non représentatifs de ce que l'Ultra HD Blu-ray diffusera sur votre écran UHD HDR calibré.
Afin de mettre en évidence l'utilisation concrète du Wide Color Gamut (WCG) sur cette édition (voir tutoriel ici), les pixels qui se situent dans la gamme standard/BT.709 (confinés à l'intérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés ici entièrement désaturés. A l'inverse, ceux faisant partie de la gamme élargie BT.2020, exclusive au disque 4K Ultra HD Blu-ray (qui s'étendent à l'extérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés en couleur :
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Qualité Vidéo
Pour sa nouvelle collaboration majeure avec le chef opérateur Michael Bauman, Paul Thomas Anderson opère un retour aux sources radical avec Une bataille après l'autre (2025). Le tournage, assuré quasi intégralement en 35mm VistaVision à l’aide de caméras Beaumont — complété par quelques renforts en Panavision Millennium XL2 —, s’impose comme une anomalie précieuse à l’ère du tout-numérique. Warner nous livre ce travail d’orfèvre sur un disque BD-100, avec une restitution en 2160p au ratio 1.78:1, une compression HEVC et un étalonnage HDR couplé au Dolby Vision (ici en profil DV-MEL, sous 10-bit).
Dès les premières secondes, la signature VistaVision s’affirme. La surface d’exposition du négatif, bien supérieure au 35 mm standard, se matérialise par un piqué d’une densité exceptionnelle. Le bond de définition face au Blu-ray 1080p est plus que palpable. La caméra examine les visages avec une précision presque intrusive, révélant la topographie des rides de Sean Penn, la texture des pores de Leonardo (jusqu'à l’implantation de ses sourcils) avec une crudité quasi documentaire. Le constat est identique sur les plans serrés de Teyana Taylor (Perfidia) ainsi que sur le foisonnement d’articles qui saturent les rayons lors des brèves séquences à l'épicerie. Cette précision se confirme surtout sur les plans larges, où la grande profondeur de champ permet de saisir un large panel de détails sur les différents environnements traversés : des paysages de Humboldt County aux intérieurs d'hôtels luxueux, en passant par le réalisme cru des décors institutionnels et du commissariat.
Le film impose à l'encodage un défi de taille. Qu'il s'agisse des séquences chaotiques et contrastées décrivant les activités du groupe d’activistes, ou des sections plus pastorales et paranoïaques où évoluent Pat et Willa, la compression HEVC ne faiblit pas. Malgré un bitrate moyen mesuré à 52.6 Mbps — une valeur modeste mais inévitable au regard des 161 minutes du métrage — la structure du grain, fine et organique, tient le cap avec une belle homogénéité.
L’étalonnage HDR affiche une ambition claire : reproduire la colorimétrie et la dynamique caractéristiques d’une projection photochimique en salle de cinéma. Si les contrastes demeurent affirmés, l’approche conserve une retenue volontaire dans le registre des hautes lumières, avec des pics établis autour d'une moyenne de 127 nits seulement. C’est par le biais du Wide Color Gamut que le disque UHD impose une signature plus franche, en orchestrant des dichotomies plus marquées encore que sur la version SDR : de la froideur implacable des cyans et des bleus acier du raid militaire à l’opulence baroque des scènes du Christmas Adventurers Club, en passant par les ciels laiteux des extérieurs et la verdure profonde des forêts de séquoias (tournées dans le comté de Humboldt, au nord de la Californie).
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Qualité Audio
Les deux pistes audio principales, VO comme VF, sont proposées en Dolby Atmos (core TrueHD, lossless). L’analyse faite en Atmos Viewer ne révèle aucun mouvement d’objets véritablement identifiables, ce qui rapproche l’expérience d’une architecture 7.1.2 à canaux fixes. Bien qu'elle ne cherche pas à saturer l'espace en permanence, cette section Atmos déploie une activité suffisamment nerveuse pour simuler avec brio le chaos des scènes d’agitation civile et de course-poursuite automobile. Les habitués du cinéma d'Anderson reconnaîtront aussi certaines signatures et accents musicaux.
En Atmos, l’activité des canaux de hauteur demeure mesurée, mais son emploi se montre pertinent lors de plusieurs passages ciblés. L’activité de l'axe vertical intervient dès l’ouverture afin de détacher les éléments pyrotechniques. Il est ensuite mobilisé pour donner de l’ampleur au vrombissement des hélicoptères durant la fameuse séquence de poursuite tournée en plein cœur de Sacramento. Et ici et là, offrir une aération supplémentaire aux notes obsédantes de la bande-originale. Des choix rares, calculés et dont plusieurs exemples vous sont illustrés en reproduction binaurale dans notre vidéo.
VO et VF sont restitués en Dolby Atmos (core TrueHD, 3287 et 3464 kbps, sous 16-bit). En VO, l’indicateur de Loundless Range a été mesuré à 19.2 LU.
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Bonus
Aucun malheureusement
Conclusion
Une édition UHD qui ne déçoit pas sur le plan technique et audio/vidéo. Mais qui reste objectivement ternie par l'absence totale de bonus, laissant les passionnés orphelins de tout contexte de production.



