Test 4K Ultra HD Blu-ray : Pris au Piège - Caught Stealing (2025)
Publié le par la Rédaction
Synopsis
Hank Thompson a été un joueur de baseball prodige au lycée, mais désormais il ne peut plus jouer. À part ça, tout va bien. Il sort avec une fille géniale, il est barman la nuit dans un bar miteux à New York, et son équipe préférée, donnée perdante, est en train de réaliser une improbable remontée vers le titre. Quand son voisin punk lui demande de s'occuper de son chat pendant quelques jours, Hank ignore qu'il va se retrouver pris au milieu d'une bande hétéroclite de redoutables gangsters.
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NB : Les comparatifs image (compression .jpg, 8-bit) sont strictement à usage illustratif et sont non représentatifs de ce que l'Ultra HD Blu-ray diffusera sur votre écran UHD HDR calibré.
Afin de mettre en évidence l'utilisation concrète du Wide Color Gamut (WCG) sur cette édition (voir tutoriel ici), les pixels qui se situent dans la gamme standard/BT.709 (confinés à l'intérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés ici entièrement désaturés. A l'inverse, ceux faisant partie de la gamme élargie BT.2020, exclusive au disque 4K Ultra HD Blu-ray (qui s'étendent à l'extérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés en couleur :
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Qualité Vidéo
Plongée viscérale dans le New York de la fin des années 90, Pris au Piège - Caught Stealing (2025) marque une nouvelle collaboration entre Darren Aronofsky et le directeur de la photographie Matthew Libatique. Pour retranscrire l'atmosphère anxiogène du roman de Charlie Huston, le duo a déployé un arsenal technique hybride fascinant. Si la captation est ultramoderne — mobilisant le capteur 8.6K de la Sony VENICE 2 (avec le système déporté Rialto pour les espaces confinés) et la stabilisation de la DJI Ronin 4D (8K) —, l'optique a fait un bond dans le passé. L’utilisation d’objectifs Bausch & Lomb Super Baltar des années 1930 visait à casser la dureté numérique du capteur. Finalisé via un master intermédiaire 4K, le film est présenté sur cette édition Sony Pictures via un disque BD-100, en 2160p, avec compression HEVC et une version HDR incluant le Dolby Vision (profil DV-MEL, sous 10-bit).
Visuellement, le film prend le contre-pied total de nombreuses productions aseptisées actuelles. L'image se veut sale, usée, presque dégradée. La texture granuleuse dont il est question naît d'un mariage audacieux entre le bruit numérique naturel généré par une captation à haute valeur d'ISO et l’ajout d’un grain de film épais en post-production. Loin d'être un défaut, ce rendu presque "crasseux" matérialise la psychologie de Hank (Austin Butler) et transforme les décors exigus en véritables territoires oppressants. Sur ce disque 4K Ultra HD Blu-ray, l'encodage se montre impérial. Avec un débit binaire robuste oscillant entre 70 et 90 Mbps, la compression HEVC restitue ces textures complexes sans jamais céder au moindre artefact, même lors des transitions délicates entre les séquences diurnes vaporeuses et les nuits troublées new-yorkaises.
En termes de définition, le gain face au Blu-ray 1080p n’est pas forcément transcendant. Si la captation 8K assure une restitution pointue des micro-détails — la peinture écaillée des murs, le boulochage des vêtements bon marché ou la texture de peau des acteurs en gros plan —, les choix esthétiques radicaux (nervosité, grain, optiques vintage) tendent à lisser l'écart de piqué pur entre les deux formats. L'apport de l'UHD réside davantage dans la solidité de la structure de l'image que dans une netteté chirurgicale ou diablement supérieure.
Le verdict technique se corse sur le terrain de l'étalonnage HDR. Soyez prévenus : Pris au Piège (2025) est une œuvre sombre, "claustrophobe", qui refuse le spectacle lumineux gratuit. L'étalonnage reste extrêmement conservateur, collant à l'esthétique des bars miteux et des ruelles éclairées au néon. Nos mesures révèlent une moyenne de pics lumineux particulièrement basse, plafonnant à 74 nits seulement. Dans cette approche HDR très contenue, les différences avec la version SDR se jouent ici encore dans la nuance : celle des dégradés de couleurs, le débouchage de zones d’ombres, et des sources de lumière ici et là réhaussées. À cela s’ajoute une mobilisation du Wide Color Gamut qui reste, elle aussi, très franchement anecdotique. Une présentation austère, mais qui semble absolument fidèle aux intentions des créateurs.
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Qualité Audio
Pris au Piège - Caught Stealing (2025) débarque avec une VO Dolby Atmos qui a du chien et refuse les compromis. L'intention est claire : offrir un son "punk", brut, loin des productions hollywoodiennes souvent trop lisses et polies. Dès l'intro, le ton est donné avec le bruit sec d'une batte de baseball dont l'écho se perd derrière nous. L'immersion dans New York est ensuite totale : la ville bourdonne de partout, avec ses sirènes et son trafic, nous enfermant dans un véritable cocon sonore urbain.
La grande réussite technique de cette piste réside dans l'intégration de la bande-son du groupe IDLES. Les batteries motorik, les voix aboyées et les guitares distordues sont traitées comme des objets sonores, repoussés ici vers l'hémisphère supérieur et sur d’autres passages vers les canaux latéraux. L'aspect paranoïaque du récit est également magnifié par la verticalité propre à la technologie Atmos. Outre les scènes de bagarres en bar, la séquence de l'accident de voiture mérite une mention spéciale pour son utilisation psychologique des canaux supérieurs, simulant la désorientation interne d'une commotion cérébrale. Des extraits de cette piste singulière sont disponibles en écoute binaurale dans notre vidéo jointe.
La valeur de Loudness Range a été mesurée à 20.1 LU pour la version originale Dolby Atmos, core TrueHD 7.1 (4764 kbps, sous 24-bit). La VFF est disponible en DTS-HD Master Audio 5.1 (16-bit, 1932 kbps).
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Bonus
- Aronofsky : Le vrai de vrai
- Casting de criminels, chaos et un chat
- Je ne conduis pas
- Une histoire de New York
Conclusion
Pris au Piège – Caught Stealing (2025) s’appuie sur des partis pris visuels affirmés, avec une image nerveuse et une utilisation du HDR volontairement très conservatrice. La piste VO Dolby Atmos s’impose comme le véritable atout de cette édition, portée par une spatialisation très expressive de la bande originale. En Blu-ray comme en UHD, cela un reste un excellent film.



