Test 4K Ultra HD Blu-ray : Ben-Hur (1959)

Publié le par la Rédaction



 

Synopsis

Jérusalem au Ier siècle. Judah Ben-Hur, prince de Judée, retrouve son ami d'enfance Messala, venu prendre la tête de la garnison romaine de Jérusalem. Mais il refuse la proposition de Messala de le rejoindre et préfère rester fidèle à son peuple. Messala ne le supporte pas. Alors que le gouverneur Gratus parade en ville, une tuile tombe du toit de Ben-Hur. Messala sait son ami innocent, mais le condamne aux galères.

 

NB : Les comparatifs image (compression .jpg, 8-bit) sont strictement à usage illustratif et sont non représentatifs de ce que l'Ultra HD Blu-ray diffusera sur votre écran UHD HDR calibré.

 

Afin de mettre en évidence l'utilisation concrète du Wide Color Gamut (WCG) sur cette édition (voir tutoriel ici), les pixels qui se situent dans la gamme standard/BT.709 (confinés à l'intérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés ici entièrement désaturés. A l'inverse, ceux faisant partie de la gamme élargie BT.2020, exclusive au disque 4K Ultra HD Blu-ray (qui s'étendent à l'extérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés en couleur :

 

Qualité Vidéo

La sortie de l'œuvre solaire de William Wyler, Ben-Hur (1959), au format 4K Ultra HD Blu-ray représente un événement capital pour les home-cinéphiles. Couronnée par un record de onze Oscars, cette épopée hollywoodienne a bénéficié d'une photographie historique signée Robert L. Surtees. Le tournage s'est opéré sur pellicule 65 mm à l'aide des mythiques caméras MGM Camera 65, couplées à des objectifs anamorphiques Panavision APO Panatar. Cette édition UHD s’appuie sur un tout nouveau scan 8K des négatifs originaux 65 mm, opéré par Warner Motion Picture Imaging. Compte tenu de sa très longue durée, le film a été judicieusement réparti sur un total de deux disques Blu-ray (un BD-100 pour la première partie, un BD-66 pour la seconde). Il est restitué en 2160p, au ratio respecté 2.76:1, avec une compression HEVC et la présence remarquée du Dolby Vision (profil DV-MEL, sous 10-bit).

L'édition Blu-ray de 2011 découlant déjà d'un scan 8K, on pouvait supposer que l'évolution visuelle resterait marginale. Détrompez-vous : si l'ancien master était déjà remarquable pour l’époque, les technologies ont considérablement évolué depuis. La nouvelle numérisation a permis d'extraire des informations enfouies dans les densités les plus fines des négatifs originaux. Et le bond qualitatif par rapport au précédent disque 1080p est sans équivoque. Il témoigne du potentiel de définition vertigineux du 65mm, dévoilé sur support vidéo disque dans toute son ampleur.

La fenêtre de scan est davantage étendue, révélant des portions d’images jusqu'alors inédites à l’écran. On redécouvre avec une ampleur nouvelle le gigantisme de l'arène d'Antioche comme la désolation des panoramas rocailleux de la Vallée des Lépreux. Le niveau de définition est largement supérieur. L'habillement des personnages, fruit du travail titanesque d'Elizabeth Haffenden (qui dirigeait une équipe de 100 artisans), s'affiche avec une précision incontestablement supérieure. On discerne désormais sans peine les maillons individuels de l'armure de parade de Messala lors de son entrée triomphale, les motifs complexes brodés sur le manteau du consul Quintus Arrius, ou encore la porosité de la peau d'un Ben-Hur aux lèvres gercées, maculé de poussière et de sueur lors de son effondrement à Nazareth. L'architecture colossale de la porte de Joppé à Jérusalem et la machinerie suffocante des galères acquièrent en UHD une précision de rendu tout aussi remarquable. On savoure également ce piqué affûté sur les statues monumentales de la Spina durant la mythique course de chars. Notez que le grain 65mm reste palpable en filigrane, largement soutenu par la répartition du flux vidéo sur deux disques Blu-ray. Sur ce point, les débits d'encodage donnent un léger avantage à la seconde partie du film, qui bénéficie d’un bitrate moyen supérieur.

On le répète, car la tendance se confirme avec éclat sur les grandes oeuvres patrimoniales restaurées par Warner : l'étalonnage HDR appliqué sur les classiques de la maison déploie de fortes intensités lumineuses. Là où de nombreuses productions contemporaines se contentent d'approches souvent conservatrices, Ben-Hur (1959) s'affranchit de toute retenue avec une moyenne de pics lumineux mesurée à 970 nits et une plage dynamique mobilisée réellement étendue. Voilà un étalonnage qui établit de radicales différences avec la précédente expérience SDR.

Que les puristes se rassurent : cette colossale réserve de puissance n'est jamais dévoyée de manière artificielle. Elle sculpte plutôt des contrastes inédits et confère un relief saisissant aux éléments du cadre. Tout en déterrant de nombreux détails dans les zones sous-éclairées. Les éclats spéculaires sur le métal des armures romaines, la réverbération impitoyable du soleil sur le sable de l’arène d'Antioche, ou encore le vif scintillement des flambeaux perçant l'obscurité, marqueront votre attention. L’apport du Wide Color Gamut vient parachever l’ensemble en déployant une palette chromatique plus ample et plus vibrante, en particulier sur ces rouges remarquables. La comparaison avec l’ancien Blu-ray est sans appel : cette présentation UHD révèle un écart saisissant, presque comparable à un passage de l’ombre à la lumière.

A visionner en HDR, notre comparatif vidéo porte aujourd'hui sur 33 captures.

 

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Ben-Hur (1959)

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Ben-Hur (1959)

 

Qualité Audio

Monument du cinéma épique, Ben-Hur (1959) s'offre une nouvelle jeunesse avec un remixage de sa version originale en Dolby Atmos (core Dolby TrueHD 7.1). La modernisation repose avant tout sur l'élargissement de l'environnement et une intégration judicieuse des canaux de hauteur. L'analyse de séquences spécifiques démontre la plus-value évidente de cette piste. Dans les entrailles des galères macédoniennes, juste avant et pendant le fracas de la bataille navale, les canaux verticaux s'animent discrètement pour relayer le craquement des immenses coques en bois sous la contrainte océanique, insufflant une authentique sensation d’oppression dans la cale des esclaves.

La légendaire course de chars constitue un autre exemple particulièrement parlant. L’implication de la scène surround y gagne en ampleur : le grondement continu des roues se déploie dans l’espace à travers de subtils panoramiques, tandis que le tumulte de la foule romaine s’élève vers les canaux supérieurs, conférant à l’ensemble une impression vertigineuse d’ampleur et d'immersion. Mention spéciale enfin au tonnerre grondant de la tempête finale, qui bénéficie d’un réagencement sonore et d’une verticalité nouvelle. Ces quelques exemples figurent en reproduction binaurale dans notre traditionnelle vidéo.

Le précédent Blu-ray proposait déjà la version originale en DTS-HD Master Audio 5.1, remarquée pour la belle qualité d'expression de la musique Miklos Rozsa, et cette version a été conservée. La version française est toujours disponible en Dolby Digital 5.1 (640 kbps). En VO Atmos, notez que la valeur de Loudness Range a été mesurée à 23.4 LU.

 

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Ben-Hur (1959)

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Ben-Hur (1959)

 
 

Bonus

- Commentaire audio — Piste d’archives avec T. Gene Hatcher et Charlton Heston.
- Piste musicale isolée
- Ben-Hur : anatomie d’une épopée
- La cinématographie du gigantisme
- Charlton Heston & Ben-Hur : un voyage personnel
- Ben-Hur : la création d’une épopée
- Ben-Hur : un voyage en images
- Screen Tests

Conclusion

Cette édition UHD du film majeur de William Wyler, Ben-Hur (1959), s'impose comme une référence incontournable. Warner propose une spectaculaire amélioration technique, fruit d'un nouveau scan 8K et d'un étalonnage HDR assumé et solaire. Cette version surpasse significativement le précédent Blu-ray de 2011, et sur de nombreux registres. Une édition indispensable !