Test 4K Ultra HD Blu-ray : Kramer contre Kramer (1979)

Publié le par la Rédaction



 

Synopsis

Ted Kramer rentre chez lui, heureux de pouvoir annoncer à Joanna qu'il s'est vu confier une importante campagne de publicité, récompense d'un dévouement à toute épreuve aux intérêts de son entreprise. Cependant, Joanna ne lui en laisse pas le loisir. Elle lui déclare tout de go qu'elle le quitte et s'en va sans attendre, lui laissant la charge de Billy, leur fils. Tant bien que mal, Ted s'organise, entre travail, courses, ménage, toasts brûlés et réunions de parents d'élèves.

 

NB : Les comparatifs image (compression .jpg, 8-bit) sont strictement à usage illustratif et sont non représentatifs de ce que l'Ultra HD Blu-ray diffusera sur votre écran UHD HDR calibré.

 

Afin de mettre en évidence l'utilisation concrète du Wide Color Gamut (WCG) sur cette édition (voir tutoriel ici), les pixels qui se situent dans la gamme standard/BT.709 (confinés à l'intérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés ici entièrement désaturés. A l'inverse, ceux faisant partie de la gamme élargie BT.2020, exclusive au disque 4K Ultra HD Blu-ray (qui s'étendent à l'extérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés en couleur :

 

En 1979, Kramer contre Kramer de Robert Benton fit son entrée remarquée sur les écrans, s'imposant rapidement comme une œuvre cinématographique majeure. Porté par des interprétations magistrales de Dustin Hoffman, Meryl Streep et le jeune Justin Henry, ce film explore avec une profondeur saisissante les thèmes universels des relations familiales complexes, du divorce à la redéfinition des rôles parentaux. À une époque où les structures traditionnelles de la famille commençaient à être remises en question, le film aborde avec justesse et sensibilité les enjeux liés à la garde d'enfant et à la paternité. À sa sortie, Kramer contre Kramer (1979) a immédiatement captivé le public et la critique grâce à une narration belle et sensible.

Qualité Vidéo

On doit la photographie du film à Néstor Almendros qui avait mobilisé des caméras 35mm Panavision Panaflex équipées d'objectifs sphériques, et un ratio d'images 1.85:1. Le film avait fait l'objet d'une précédente édition Blu-ray Disc en 2009 chez Sony Pictures. En 2023, une toute nouvelle restauration 4K a été opérée par Grover Crisp avec un processus implicant un nouveau scan en 4K des négatifs originaux, une restauration numérique de l'image supervisée aux laboratoires New-Yorkais Cineric, Inc, et un nouvel étalonnage couleurs HDR signée de la célèbre coloriste Sheri Eisenberg (MPI). Cette édition est pour le moment disponible exclusivement via la collection Columbia Classics Vol. 4, commercialisée en Amérique du Nord. Le film est restitué en 2160p, ratio 1.85:1 avec les deux options HDR10 et Dolby Vision (ici 10-bit, MEL).

Sony Pictures établit une fois de plus des standards élevés avec cette présentation, qui non seulement fait preuve d'un attention méticuleuse aux détails mais aussi préserve avec brio les qualités texturales d'une œuvre emblématique filmée à la fin des années 70 en 35mm. Cette présentation mérite de nombreuses louanges et pour plusieurs raisons. Pour son niveau de définition remarquablement flatteur d'abord. L'image se distingue par sa justesse et un sentiment de clarté remarquable pour l'époque. Comparée à l'édition Blu-ray de 2009, celle-ci était déjà satisfaisante. Mais cette restauration en 4K en transcende les limites, particulièrement en matière de finesse de reproduction. Elle propose des images douces, d'une précision accrue, avec une attention au détail plus poussée. Les plans rapprochés, notamment ceux du visage du jeune Justin Henry, sont sublimés, tout comme ceux de Meryl Streep, capturant avec émotion les tourments d'une séparation lourde de conséquences. Cette version se distingue aussi par l'absence de toute tentative d'accentuation superflue et de poussières parasites désagréables. L'encodage est de première qualité. Il est conforté par un débit moyen de 81 Mbps, et sans aléa majeur. Surtout la texture de l'image argentique est magnifiquement préservée tout au long du film. Et oui elle participe à sublimer cette atmosphère intime et sensible qui est au coeur de l'oeuvre.

Bien que le film soit principalement tourné en intérieur et dans des tons relativement sobres, reflétant l'univers domestique et le drame familial, Almendros a su utiliser la couleur et le contraste pour accentuer certaines scènes et émotions. Le récent étalonnage apporte des améliorations tout aussi significatives, notamment par l'adoption de contrastes nettement modernisés et des niveaux de noir d'une excellente qualité. Des ajustements subtils ont été réalisés sur les teintes chairs, avec moins de rougeur excessive et plus de naturel. L'utilisation du gamut P3 se manifeste concrètement à travers l'éclat de certaines couleurs vives, telles que le jaune des taxis, des bouquets de fleurs et de divers éléments de décor. Mais ce qui marque particulièrement, c'est l'extension de la plage dynamique mobilisée. Cette amélioration se traduit par une restitution détaillée des hautes lumières, corrigeant les zones auparavant perçues comme surexposées, et par une intensification indiscutable des pics lumineux. Anecdotique, le MaxCLL, mesuré à 10 000 nits, peut sembler surnaturel. Mais la moyenne des pics plus conventionnelle de 546 nits confirme tout de même une démarche s'éloignant de toute forme de conservatisme. Les sources lumineuses, y compris celles situées dans l'espace intime de l'appartement familial, sont traitées de manière à intensifier leur présence. Cette approche s'illustre dans des scènes clés, telles que celle où Ted lit une histoire à son enfant, créant une atmosphère chaleureuse et intime, ou lorsqu'il s'apprête à obtenir un nouveau poste, dans les bureaux d'une agence de communication où un arbre de Noël porte l'espoir, paré de guirlandes scintillantes.

Il convient peut-être de mentionner cette scène au restaurant, aux alentours de 55 minutes, où les plans serrés sur Dustin Hoffman révèlent sur l'instant une mise au point légèrement moins stable. Mais certainement pas de quoi remettre en question la solidité du travail de restauration aujourd'hui entrepris.

 

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Kramer contre Kramer (1979)

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Kramer contre Kramer (1979)

 

Qualité Audio

L'audio n'a pas été négligé, avec une restauration effectuée chez Deluxe Audio Services, et un remixage supervisé en Dolby Atmos pour la version originale (4351 kbps, 24-bit). On n'en demandait certainement pas tant mais Sony Pictures enfonce le clou en restituant les mixages précédents (5.1 et mono 2.0) en DTS-HD Master Audio (ici sous 16-bit). Le tout complété par la présence d'une VF proposée en DTS-HD Master Audio 5.1 (2072 kbps). A l'écoute, cette VO Atmos n'en fait pas des tonnes. Pour Kramer contre Kramer (1979), les dialogues sont un élément crucial, car le film repose fortement sur les performances et les interactions entre les personnages. Une attention particulière a été portée pour garantir que chaque réplique soit parfaitement intelligible, en prenant en compte l'acoustique variée des lieux de tournage. Allant de l'intimité de l'appartement familial aux espaces plus vastes tels que le hall du palais de justice, la salle d'audience et les scènes dans les restaurants. L'utilisation des canaux verticaux reste certes secondaire, mais permet d'apporter une touche d'immersion supplémentaire, avec quelques notes de la bande originale se diffusant subtilement dans le champ vertical, ainsi que certaines ambiances d'arrière-plan (circulation urbaine, chants d'oiseaux en extérieur).

 

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Kramer contre Kramer (1979)

 
 

Bonus

- Commentaires audio de Jennine Lanouette
- 5 scènes supprimées
- 4 featurettes
- Bande-annonce
- Finding the Truth: le making-of

Conclusion

Sony Pictures a une fois de plus répondu aux attentes des home-cinéphiles avec une édition 4K Ultra HD Blu-ray plus que soignée, tant du point de vue de la restauration 4K supervisée en amont, de l'encodage vidéo que de la section sonore à même de répondre à toutes les attentes. Si toutes les éditions 4K UHD pouvaient être de ce niveau... Nous espérons vivement qu'une sortie individuelle intervienne sur le marché français. Import disponible ici.