Test 4K Ultra HD Blu-ray : Total Recall (1990)

Publié le par la Rédaction



 

Synopsis

La Terre, 2084. Douglas Quaid est obsédé par un rêve récurrent où il explore la planète Mars. Il fait alors appel à la société Rekall, qui propose l'implantation de souvenirs factices dans la mémoire de clients souhaitant voir leurs rêves devenir réalité. Des rêves aussi réels que certains souvenirs. L’opération échoue et la procédure dévoile des souvenirs qui auraient dû rester cachés… 

NB : Les comparatifs image (compression .jpg, 8-bit) sont strictement à usage illustratif et sont non représentatifs de ce que l'Ultra HD Blu-ray diffusera sur votre écran UHD HDR calibré.

Qualité Vidéo

Mis en scène en 1990 par Paul Verhoeven, Total Recall a bénéficié pour son 30ème anniversaire d'une restauration 4K. Le film a été restauré à partir d'un nouveau scan du négatif 35mm original à Technicolor LA. Un nouvel étalonnage HDR a été supervisé. Sur cette édition Ultra HD Blu-ray, le film est présenté en Dolby Vision et HDR10. Si ce n'est supervisé, le résultat de cette restauration 4K a bel et bien été approuvé par le metteur en scène.

Comparativement à l'Ultimate Rekall Edition (Blu-ray Studiocanal de 2012), le cadrage des plans a été légèrement réajusté, sans perte significative de portions d'images (juste un décalage). Globalement, c'est une restauration importante qui nous est offerte. Ce qui frappe d'entrée de jeu est l'apport du nouvel étalonnage des couleurs. Des teintes complémentaires d'orange-brun et vert-sarcelle se révèlent davantage accentuées, magnifiant le registre de science-fiction et certaines des caractéristiques outrancières de la mise en scène de Paul Verhoeven. A ce sujet, les rouges ardents ont particulièrement été vivifiés. Ils se montrent même incandescants sur de nombreuses séquences (les scènes sur Mars) s'appropriant un caractère aveuglant et du punch sémantique. Modernisation il y a eu et elle touche également les tons chair brunis. Le rendu des visages semble interagir davantage avec les environnements (les reflets rougeâtres à travers les fenêtres, les néons). Les ajustements opérés semblent cohérents avec les environnements extrêmes traversés et l'ambiance futuriste du film.

Bien que le Blu-ray de 2012 bénéficiait d'une belle définition globale, l'apport du nouveau scan 4K se fait pleinement ressentir, sur la quasi totalité des séquences. Les détails apportés se révèlent absolument formidables, particulièrement sur les gros plans (les visages de Douglas Quaid, Lori, Richter et ses hommes). Il faut garder toutefois à l'esprit que Total Recall est l'un des tout derniers films à gros budget à utiliser des décors miniatures et des trucages optiques, avant l'avènement généralisé du numérique. Le rendu des visages et des décors, mieux défini, met également en exergue la grossièreté de certains des trucages (latex des visages, aspect "carton-pâte" des décors). Le grain 35mm reste vigoureux et dense sur ce titre.

La compression vidéo se montre de qualité variable. Elle est très "discutable" malgré un débit moyen mesuré à 54 Mbps. Outre du banding sur certains arrière-plans, on a malheureusement observé des chutes drastiques et inhabituelles de bitrate générant une apparition outrancière de macroblocs sur des séquences courtes et bien précises (par exemple : la navette atterrit sur Mars à 43.10 et le plan final du baiser au soleil). On insiste : cela ne reflète pas la qualité globale de la restauration 4K effectuée en amont. Mais ce défaut de compression vidéo reste fâcheux pour un support physique signé d'un éditeur prestigieux. Que s'est-il passé ?

Qualité Audio

Total Recall tire profit d'un remixage Dolby Atmos. La version originale est présentée avec un core Dolby TrueHD 7.1 (bitrate moyen de 3848 kbps). Les atouts de cette piste sont présents. Il apparaît toutefois vraisemblable que ce travail de remixage a introduit une légère réégalisation, notamment sur les plus basses fréquences, et qui rend cette version Atmos un poil moins percutante (moins physique) que la précédente piste DTS-HD. Une impression de basses fréquences minorées qui se ressent sur les déplacements des navettes, l'activation des gros réacteurs voire plus largement les scènes de poursuite massives. Dans tous les cas, de réels efforts de spatialisation ont été réalisés : l'activation des enceintes verticales qui ouvrent les scènes d'agitation dans le métro, les annonces des haut-parleurs, la foudre. Les dialogues originaux semblent également un peu plus chaleureux et plus harmonieux tandis que la bande musicale de Goldsmith tire pleinement son épingle du jeu.

La VF demeure inchangée et adopte le format DTS-HD Master Audio 5.1 (sous 16-bit, bitrate moyen de 2231 kbps).

Bonus

L'édition s'enrichit des nouveaux suppléments bonus suivants :

- Total Excess: Comment Carolco a changé Hollywood ?
- Ouvrez votre esprit : la musique de Total Recall
- Dreamers within the dream: le développement de Total Recall
- Commentaires audio

Conclusion

Total Recall (1990) bénéficie d'un franc renouveau avec cette restauration 4K qui globalement reste de qualité. L'apport de définition et celui du nouvel étalonnage des couleurs permettent de redécouvrir sous un nouveau jour ce grand film de science-fiction signé Paul Verhoeven. Mais des problèmes de compression vidéo sont venus ternir ici et là la redécouverte. C'est aurait pu être parfait. Cela ne l'est pas...