Test 4K Ultra HD Blu-ray : Entretien avec un Vampire (1996)

Publié le par la Rédaction



 

Synopsis

À San Francisco, Louis raconte sa vie à un journaliste. En 1791, à la Nouvelle-Orléans, Lestat le tire de la mort et lui offre le sang. Ensemble, ils font de Claudia une enfant qui ne grandira jamais. La soif, l’ennui et la haine finissent par les séparer. De Paris au Théâtre des Vampires, Louis cherche un sens à une nuit qui ne finit pas.

 

 

NB : Les comparatifs image (compression .jpg, 8-bit) sont strictement à usage illustratif et sont non représentatifs de ce que l'Ultra HD Blu-ray diffusera sur votre écran UHD HDR calibré.

 

Afin de mettre en évidence l'utilisation concrète du Wide Color Gamut (WCG) sur cette édition (voir tutoriel ici), les pixels qui se situent dans la gamme standard/BT.709 (confinés à l'intérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés ici entièrement désaturés. A l'inverse, ceux faisant partie de la gamme élargie BT.2020, exclusive au disque 4K Ultra HD Blu-ray (qui s'étendent à l'extérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés en couleur :

 

Qualité Vidéo

Réalisé par Neil Jordan et tiré de l’œuvre d’Anne Rice, Entretien avec un vampire (1994) demeure une œuvre vénéneuse majeure du cinéma des années 90. La photographie de Philippe Rousselot (Et au milieu coule une rivière, La Reine Margot) s’apparente à une bougie éclairant une pièce sombre : l’obscurité y domine, baignée dans l'atmosphère moite et veloutée de La Nouvelle-Orléans. À l’occasion du trentième anniversaire du film, Warner tire enfin parti des négatifs d’origine : nouveau scan, encodage HEVC, ratio 1.85:1 respecté, accompagné d’un étalonnage HDR avec Dolby Vision (DV-MEL, sous 10-bit). Le long-métrage avait été principalement capté en Super 35, à l’aide de caméras Panavision Panaflex Platinum.

Dès la baie de San Francisco et la descente dans le Quartier Français, le niveau de définition supérieur et le respect du grain 35mm attirent l’attention. Tout comme la fidélité au ratio 1.85 qui faisait défaut au précédent Blu-ray de 2008. Les costumes de Sandy Powell en tirent profit : on lit la trame des velours, l’or des broderies, la dentelle et la soie. Quant aux personnages ? Plus nets, pas plus humains. Sur Lestat, Louis et Claudia, le regard reste vitreux, les veines violacées sous la peau, le teint de cire intact. Une présence de non-mort, telle que Rousselot l’avait laissée dans l’ombre. Et le grain tient, dense, intact, porté par un encodage HEVC à 67,6 Mbps de moyenne.

La lumière du soleil reste rare mais mortelle pour qui ne doit plus la voir. Le HDR ne force rien, mais il joue avec de belles valeurs d'intensité lumineuse. Il débouche les alcôves de Pointe du Lac, les ruelles poisseuses, les caves du Théâtre des Vampires, sans jamais altérer la profondeur des noirs. À l’autre bout, flambeaux et chandeliers découpent vraiment les scènes avec de franches intensités. L’acier des lames, bijoux et coupes, jette des reflets plus nets, plus francs.

Le nouvel étalonnage, en Wide Gamut, donne aux nuances une présence qu’elles n’avaient plus. Les flammes retrouvent du dessin — elles se présentaient sur-exposées sur l’ancien Blu-ray. Et fini le teint terne et quelque peu violacé du master précédent : les immortels conservent cette pâleur caractéristique, mais celle-ci s'accorde davantage avec les environnements traversés. Froide ici, un peu plus vivante là ; jamais vraiment humaine...

 

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Entretien avec un vampire (1994)

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Entretien avec un vampire (1994)

 

Qualité Audio

Sans dramatiquement bouleverser l’expérience, le remix Dolby Atmos de la VO (core TrueHD, 3671 kbps) redonne du sang au mix. Il n’invente pas un autre film : il lui accorde un peu plus d’air. La partition d’Elliot Goldenthal tire son épingle du jeu. Cordes, chœurs et clavecin montent, prennent de la hauteur, sans recouvrir les voix. Les ambiances nocturnes gagnent en précision. Dans les premiers instants de récit, les cris des oiseaux de nuit passent au-dessus de la tête. Dans les marais, cigales, saules et clapotis forment une bulle moite.

Dans l’ensemble, l’axe vertical ne s’impose vraiment que lorsque le lieu l’exige. L’incendie de Pointe du Lac l’exploite mais avec une certaine retenue : une chape de chaleur plutôt qu’un effet étourdissant. Sous le Théâtre des Vampires, l’acoustique caverneuse gagne en réalisme grâce à cet apport de verticalité. Là où la congrégation se rassemble, l’écho fait le reste : les voix rebondissent sur la pierre, traînent dans les voûtes, encerclent avant même qu’on ait vu les visages. Dans la fosse, certains hurlements se détachent aussi de la masse. Quelques exemples figurent dans notre vidéo jointe.

Le précédent mixage en 5.1 est disponible en DTS-HD Master Audio (3996 kbps). La VF demeure en Dolby Digital 5.1 (640 kbps).

 

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Entretien avec un vampire (1994)

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Entretien avec un vampire (1994)

 
 

Bonus

- Eternal Night and Deadly Light — reportage
- Entretien avec Interview with the Vampire : Créer l’univers — reportage
- Commentaire audio du réalisateur Neil Jordan
- Introduction par Neil Jordan, Anne Rice et Antonio Banderas
- Dans l’ombre du vampire — documentaire
- Lestat, Louis et le phénomène vampire — reportage
- Scènes coupées
- Bande-annonce

Conclusion

Trente ans après, Entretien avec un vampire (1996) sort de son sommeil. Le nouveau master rend au grain, aux velours et aux carnations ce que le Blu-ray de 2008 avait laissé dans l’ombre. L’Atmos n’invente pas un autre film : il lui accorde un peu d’air, sans casser l’équilibre du mix d’époque. Une franche et agréable mise à niveau.