Test 4K Ultra HD Blu-ray : Speed Racer (2008)

Publié le par la Rédaction



 

Synopsis

Speed Racer est un jeune prodige de la course automobile. Or, lorsqu'il défie M. Royalton, président-directeur général corrompu des Industries Royalton, le jeune homme découvre que tout n'est pas rose dans le sport qu'il adore. Peu de temps après, la famille Racer est contactée par l'Inspecteur Détecteur et l'énigmatique pilote masqué Racer X, qui demandent à ce que Speed collabore avec les autorités afin de piéger Royalton et mettre au jour la corruption du monde automobile.

Test effectué depuis l'édition (USA) de Speed Racer (2008) avec VFF, VFQ et STFR. Sortie équivalente attendue le 8 juillet en France.

 

NB : Les comparatifs image (compression .jpg, 8-bit) sont strictement à usage illustratif et sont non représentatifs de ce que l'Ultra HD Blu-ray diffusera sur votre écran UHD HDR calibré.

 

Afin de mettre en évidence l'utilisation concrète du Wide Color Gamut (WCG) sur cette édition (voir tutoriel ici), les pixels qui se situent dans la gamme standard/BT.709 (confinés à l'intérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés ici entièrement désaturés. A l'inverse, ceux faisant partie de la gamme élargie BT.2020, exclusive au disque 4K Ultra HD Blu-ray (qui s'étendent à l'extérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés en couleur :

 

Qualité Vidéo

Longtemps resté aux stands de la haute définition avec un Blu-ray à la fois vieillissant et truffé d’artefacts de compression, le manifeste hyper-cinétique des sœurs Wachowski fait enfin rugir son moteur sur le support 4K Ultra HD. Attendu comme le messie par les home-cinéphiles, cette remasterisation de Speed Racer (2008) supervisée par Warner s'impose d'emblée comme la naissance véritable de l'œuvre sous sa forme définitive, portée par un traitement HDR qui repousse bien des limites.

La genèse de Speed Racer repose sur l'utilisation de caméras numériques Sony CineAlta F23 pour l'acquisition principale, couplée à un master intermédiaire (DI) supervisé en 2K. L’œuvre nous est restituée dans une version upscalée en 2160p. Pour y parvenir, le studio a déployé "Samurai", un algorithme de mise à l'échelle propriétaire dopé à l'apprentissage automatique, capable de distinguer les véritables détails à haute fréquence du bruit numérique indésirable. Le tout est couplé à un étalonnage couleurs HDR extrêmement ambitieux (plage dynamique ciblée à 4000 nits, plein gamut Rec. 2020 mobilisé). Le film est restitué sur un disque UHD-100 de haute capacité, avec la présence confirmée des métadonnées Dolby Vision (profil DV-MEL sous 10-bit).

Dès les premières minutes, une observation s'impose : la fenêtre de scan se montre légèrement resserrée, entraînant une infime perte sur les portions d’images latérales par rapport au précédent Blu-ray. Un point de détail sur lequel il ne faut pas forcément s’arrêter. Car sur les autres registres, Speed Racer (2008) témoigne avec force de l’avancée spectaculaire des technologies. L'apport de résolution se veut subtil, mais il demeure clairement perceptible sur la restitution des plus fins détails et sur la suppression des phénomènes d'aliasing. Surtout, l’image se retrouve enfin libérée du codec VC-1 poussif et des artefacts de compression parfois catastrophiques (macroblocage, phénomène de banding) qui asphyxiaient le Blu-ray d'origine. La folie cinétique du "Car-Fu" respire enfin à pleins poumons. Le piqué semble avoir été délicatement aiguisé, sans jamais trop en faire. Et la compression vidéo HEVC, malgré un montage survolté, frénétique et résolument épileptique, tient la route avec une stabilité exemplaire.

Si le gain en définition force le respect, c'est indiscutablement le nouvel étalonnage High Dynamic Range qui propulse ce disque au Panthéon des références de démonstration. Le coloriste John Daro a opéré une véritable remontée aux sources, contournant le master de 2008 pour extraire les données directement depuis les fichiers logarithmiques originaux Cineon 10 bits. Cette démarche fondamentale a permis de recouvrer plus de 12 diaphragmes (stops) de plage dynamique latente.

Le résultat, présenté ici en Dolby Vision, est d'une intensité littéralement stroboscopique. Comme on l’observe sur de nombreux classiques récemment restaurés par Warner, il s’agit d’un étalonnage HDR ambitieux, mobilisant une très large plage dynamique (masterisé à 4000 nits). Cette présentation est taillée sur mesure pour pousser vos dalles OLED et Mini-LED dans leurs derniers retranchements. Les contrastes sont magistralement équilibrés : les noirs abyssaux engloutissent les entrailles de l'usine tentaculaire de Royalton Industries sans jamais boucher les textures, tandis que les reflets spéculaires — l'éclat aveuglant du soleil sur la carrosserie immaculée de la Mach 5 ou les gerbes d'étincelles projetées lors des joutes mécaniques — percent l'écran avec une incroyable intensité. Nos mesures chiffrées viennent couronner ce constat : la moyenne des pics lumineux a été relevée à un très solide 726 nits.

L'exploitation frénétique du Wide Color Gamut demeure néanmoins la clef de voûte de ce spectacle visuel. S'affranchissant allègrement des limites du DCI-P3 pour s'aventurer profondément dans le volume colorimétrique intégral du plus généreux Rec. 2020, l'image délivre des couleurs d’une saturation inouïe. L'esthétique surnommée "Techno Color" par l'équipe de production trouve ici son véritable exutoire. Les rouges incendiaires des bolides, les bleus océaniques et les verts fluorescents pulvérisent les rétines, conférant au film cette allure assumée de "bonbon acidulé”. Notre vidéo comparative, à consulter en HDR, saura en témoigner.

 

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Speed Racer (2008)

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Speed Racer (2008)

 

Qualité Audio

L’édition 4K Ultra HD Blu-ray de Speed Racer (2008) était particulièrement attendue sur le plan sonore, tant l’univers visuel imaginé par les Wachowski appelle une restitution audio à la hauteur de sa démesure. Proposée en Dolby Atmos en version originale, cette piste affiche des ambitions certaines, sans toutefois atteindre les sommets évoqués par certains retours particulièrement enthousiastes. Premier constat d’importance : l’absence quasi totale d’objets audio en mouvement observables en Atmos Viewer. Il s’agit d’un mixage Atmos qui reste verrouillé dans un cadre statique en 7.1.4 canaux. La spatialisation demeure néanmoins convaincante. Les nombreuses séquences de course profitent d’une scène sonore ample et dynamique, ponctuée d’effets directionnels efficaces. Les monoplaces traversent l’espace avec fluidité, balayant le champ sonore d’avant en arrière ainsi que de gauche à droite. La précision des panoramiques se révèle particulièrement remarquable lors des interventions médiatiques.

Comme le confirme notre analyse waveform, les canaux de hauteur sont régulièrement sollicités et participent activement à l’expérience. Et il y a des séquences un peu plus marquantes que d’autres. Citons notamment le spectaculaire tonneau de la Mach 5 au-dessus d’un concurrent, ou encore la savoureuse confrontation avec le ninja, qui bénéficient d’une extension verticale appréciable. On pouvait toutefois espérer une exploitation plus audacieuse de cette dimension. L’activité des enceintes supérieures manque parfois de séparation et tend à se fondre dans le reste du mixage, limitant ainsi l’impact de certains effets pourtant propices à une démonstration immersive. Afin d’illustrer ces observations, cinq extraits Atmos vous sont proposés dans notre vidéo en reproduction binaurale.

La VO est à retrouver en Dolby Atmos (16-bit, 3940 kbps) et DTS-HD Master Audio 5.1, avec une valeur de Loudness Range mesurée à 23.0 LU. Toutes les versions doublées, dont la VFF et VFQ, sont à retrouver en classique Dolby Digital 5.1 (640 kbps).

 

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Speed Racer (2008)

Test 4K Ultra HD Blu-ray : Speed Racer (2008)

 
 

Bonus

- RAPIDE | FUTUR | FAMILLE : Retour sur Speed Racer
- Spritle dans la cour des grands !
- Speed Racer : En pleine accélération !
- Speed Racer : Superchargé !
- Speed Racer : Le cinéma Car Fu
- Speed Racer : Le monde merveilleux de la course - L'incroyable famille Racer

Conclusion

Une édition de référence sur le plan visuel, qui permet de réévaluer à sa juste valeur une œuvre longtemps incomprise et dont l'audace esthétique demeure, encore aujourd'hui, absolument singulière. L'univers visuel du film, pensé dès l'origine comme une explosion de couleurs, de contrastes et d'effets graphiques, semble enfin trouver son écrin idéal grâce au HDR. Hautement recommandé.