Test 4K Ultra HD Blu-ray : Leaving Las Vegas (1995)
Publié le par la Rédaction
Synopsis
Après avoir été licencié de la société de production où il travaillait, Ben, scénariste alcoolique, part pour Las Vegas avec l’intention de s’y perdre entièrement. Installé dans un hôtel miteux, à proximité des bars ouverts jour et nuit, il rencontre Sera, une prostituée dont il tombe amoureux. Elle choisit de l’héberger et l’accompagne dans sa déchéance, tandis qu’une relation intense et fragile se noue entre eux, au cœur des excès de la ville.
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NB : Les comparatifs image (compression .jpg, 8-bit) sont strictement à usage illustratif et sont non représentatifs de ce que l'Ultra HD Blu-ray diffusera sur votre écran UHD HDR calibré.
Afin de mettre en évidence l'utilisation concrète du Wide Color Gamut (WCG) sur cette édition (voir tutoriel ici), les pixels qui se situent dans la gamme standard/BT.709 (confinés à l'intérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés ici entièrement désaturés. A l'inverse, ceux faisant partie de la gamme élargie BT.2020, exclusive au disque 4K Ultra HD Blu-ray (qui s'étendent à l'extérieur du petit triangle REC.709) vous sont présentés en couleur :
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Qualité Vidéo
Œuvre crépusculaire et profondément écorchée signée Mike Figgis, Leaving Las Vegas (1995) demeure l'une des figures les plus marquantes du cinéma indépendant américain des années 1990. Sous la photographie de Declan Quinn, le film adopte une esthétique à fleur de peau, nourrie par une approche documentaire radicale qui épouse les dérives de ses personnages. Captée intégralement en Super 16 mm, l'image investit les rues de Las Vegas avec la spontanéité d'une errance nocturne, saisissant au vol les pulsations artificielles de la ville. Après avoir longtemps survécu à une édition Blu-ray 1080p (VC-1) techniquement obsolète et terne, le film bénéficie enfin, à l'occasion de son 30ème anniversaire, d'une restauration à la hauteur de son statut. Supervisée en France par StudioCanal, cette édition 4K Ultra HD Blu-ray repose sur une numérisation native 4K du négatif original Super 16 mm complétée par des éléments de duplication 35 mm. Le long métrage est proposé en 2160p, encodé en HEVC, dans un ratio 1.85:1, avec prise en charge des métadonnées Dolby Vision (DV-MEL sous 10-bit).
L'un des aspects les plus déterminants de cette nouvelle présentation concerne la géométrie du cadre et les choix opérés en matière de ratio. Présenté sur le précédent Blu-ray dans une composition en 1.66:1, le film avait néanmoins connu des projections en 1.85:1 lors de son exploitation initiale dans les salles américaines. Cette restauration entérine définitivement ce format, avec l’approbation du metteur en scène. La comparaison avec l'ancien Blu-ray met immédiatement en évidence une redéfinition sensible de la fenêtre de scan. L'image gagne en largeur, dévoilant davantage d'informations sur les extrémités gauche et droite du cadre. En contrepartie, cette ouverture latérale s'accompagne d'une compression plus marquée de l'axe vertical, particulièrement perceptible dans la partie inférieure de l'image où certaines portions du cadre disparaissent inévitablement.
En termes de définition, il faut accepter la nature même du matériau photographique. Une restauration 4K appliquée à un négatif Super 16 mm ne transforme pas miraculeusement l'image ; elle en révèle au contraire toute la vérité. La définition demeure volontairement douce, presque vaporeuse par moments, les détails les plus fins se dissolvant naturellement dans les plans larges avant de ressurgir avec davantage d'acuité lors des gros plans sur les visages meurtris de Nicolas Cage et Elisabeth Shue. Les gains en termes de piqué restent francs malgré tout face au précédent Blu-ray et cela transparait rapidement sur nos comparatifs. Ceci dit, la présentation demeure légèrement perturbée par quelques plans flous fugitifs, qu’il faut accepter comme partie intégrante de l’expérience. Le véritable triomphe de ce transfert réside dans son refus absolu de toute forme de lissage numérique. Le grain argentique s'impose avec une présence massive, dense et organique. Soutenu par une compression HEVC globalement solide, affichant un débit moyen d'environ 64 Mbps.
En HDR, l'image demeure fidèle à la noirceur intrinsèque du film. Elle épouse les contours d'une romance toxique condamnée dès son premier souffle. Les couleurs gagnent sensiblement en nuance et en saturation face à un disque Blu-ray qui vous paraîtra à la comparaison bien délavé. Les mesures HDR témoignent d'une retenue assumée, avec des pics lumineux culminant en moyenne autour de 210 nits. Le HDR redonne surtout de l’éclat appréciable aux enseignes du Strip, aux lettres incandescentes du Mirage ou encore aux reflets instables du Desert Song Motel sur les eaux de la piscine.
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Qualité Audio
Pour son édition 4K Ultra HD signée StudioCanal, Leaving Las Vegas (1995) fait l'impasse sur le Dolby Atmos -— un privilège sonore réservé à l'édition américaine Shout! Select — pour reconduire une non moins solide piste DTS-HD Master Audio 5.1 (24-bit, 3864 kbps). Celle-ci privilégie sans conteste l'axe frontal, agissant davantage comme un enregistrement stéréo de haute fidélité subtilement élargi. Les canaux surround s'illustrent moins par la démesure que par le tissage de fines nappes d'ambiance (brouhaha feutré des casinos, rumeur lointaine du Strip) et, surtout, par un enveloppement du sublime smooth jazz composé par Mike Figgis. Une mise en garde s'impose concernant l'intelligibilité des dialogues : le phrasé volontairement empâté d'un Nicolas Cage en plein Method Acting, couplé à l'absence de post-synchronisation, peut rendre difficile le déchiffrage d’une poignée d’échanges quelques peu étouffés en version originale. L’offre du jour se voit complétée par la présence d’une VF en LPCM 2.0 Stéréo.
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Bonus
- Nouveau commentaire audio de Mike Figgis
- Nouvel échange en visioconférence avec Mike Figgis, Elisabeth Shue et Nicolas Cage (à confirmer)
- Nouveau documentaire réalisé par Mike Figgis (à confirmer)
- Nouvelle bande-annonce de la restauration
- Featurette « Le making-of »
- Interviews d’archives
- Images des coulisses (B-roll)
- Livret inédit de 20 pages
Concluoin
Leaving Las Vegas (1995) en Ultra HD n’a rien d’une démonstration technologique pensée pour éblouir. Cette présentation privilégie au contraire une sincérité presque douloureuse, où le matériau d’origine est assumé dans toute sa fragilité. Le grain épais, les fluctuations de piqué et les limites inhérentes au Super 16 mm ne sont jamais gommés, conservant à l’image sa rugosité essentielle. Quelques plans plus mous, parfois légèrement flous, persistent toutefois et viennent rappeler les contraintes natives de la prise de vue. Il n’en demeure pas moins que l’ensemble constitue une mise à niveau franche et cohérente face au précédent Blu-ray.



