Test Blu-Ray : 28 Semaines Plus Tard

Publié le par la Rédaction



Boitier28 Semaines Plus Tard n'est autre que la suite de 28 Jours Plus Tard, film réalisé par Danny Boyle et qui avait été marqué par un véritable succès. Pour ce second opus, Boyle a choisi le statut de co-producteur laissant la place au réalisateur espagnol Juan Carlos Fresnadillo, toutefois moins connu du grand public. Il s'agissait ici d'ailleurs de son tout premier film en anglais.

Distribué par 20th Century Fox, le titre nous arrive le « 19 mars » sur le marché français dans sa déclinaison haute définition. Il s'agit bien évidemment d'une édition Blu-Ray Disc qui a dans l'ensemble le mérite d'être plutôt complète et vivifiante à l'image de cette quête de survie au cœur de ce film qui mêle habilement les genres du fantastique, de l'horreur, et du documentaire.

28 semaines plus tard est un grand film d'action à petit budget, mais qu'en est-il de cette édition Blu-Ray Disc ?

Détails de l'édition :

Vidéo : 1080p AVC
Format : 1.85
Son : Anglais en DTS-HD Master Audio 1.5 Mbps / Français en DTS 768 Kbps / Italien en DTS 768 Kbps / Polonais en DD 2.0 224 Kbps / Tchèque en DD 5.1 448 Kbps
Bonus : Commentaire audio des réalisateur et producteur, Scènes coupées du montage final, 28 jours plus tard - Etape 1 « Développement », 28 jours plus tard - Etape 2 « Décimation », Making of, 2 Featurettes et Bandes Annonces

Bande Annonce :

Histoire


Suite de 28 jours plus tard, ce second opus réalisé par l'espagnol Juan Carlos Fresnadillo reste un projet bien ambitieux. Il s'agit ici en effet de réaliser un grand film d'action mêlant les genres cinématographiques le tout sous un petit budget. L'histoire est d'ailleurs on ne peut plus prenante.

Dans une Angleterre dévastée par un virus agitant la rage des hommes, Robert Carlyle se voit dans l'obligation de trahir sa propre femme pour « survivre ». Fuyant les hommes infectés, ce père de famille retrouve finalement ses deux enfants dans un Londres contrôlé par l'armée et en quête de reconstruction et de stabilité. Le fils de Robert est hanté par l'idée de retrouver sa mère lâchement abandonnée. Le lien inconscient et symbolique liant ces deux êtres va pousser le jeune homme accompagné de sa grande sœur à retrouver sa mère, porteuse seine du virus qui contaminera finalement Robert et toute la ville. Le contrôle du virus est perdu, et une longue chasse à l'homme est subie par les deux enfants accompagnés et aidés d'un couple de militaires. Dans le contexte d'enclenchement du « code rouge », aucun secours n'est d'ailleurs fourni, et les deux héros se devront de fuir et d'échapper à la fois aux « infectés » et aux soldats exterminant par mesure de précaution tous les survivants pour éviter la propagation du virus.

Projet Cinématographique


Là où à première vue certains ne verront qu'un film d'horreur sans grand intérêt, d'autres seront attirés par la richesse de la réalisation et de la construction de cette œuvre. Tout d'abord, le style de Carlos Fresnadillo que l'on pourrait résumer par le concept d' « horreur-documentaire-surréaliste ». L'homme parvient en effet par des prises de vue proches des acteurs à nous faire ressentir la proximité du virus et le danger de l'infection touchant nos cellules. Les plans d'action sont éminemment rapides, le montage vif et coupé tant bien et si bien que la caméra semble elle-même contaminée. D'ailleurs, beaucoup de plans ont été filmés caméra à l'épaule. Ce style documentaire confère finalement un grand réalisme aux scènes et à l'ambiance qui partage également une dimension surréaliste, le cœur de l'intrigue restant relatif à un virus maléfique qui déchaîne les passions et la rage des habitants.

La cohabitation des genres (documentaire, horreur et fantastique) rend finalement 28 semaines plus tard très intéressant visuellement parlant. A l'instar de l'excellent Le Fils de l'Homme, Londres devient lui-même un acteur à part entière. Par des plans aériens superbement définis en HD, Londres est représentée comme une ville que l'on découvre ici silencieuse, dépeuplée, sous-surveillance. Le calme conféré sera d'ailleurs souvent altéré par des scènes parfois insoutenables de violence aux mouvements complètement déchaînés. Calme de la ville / réveils en sursauts : une dualité qui tiendra en halène le spectateur à de nombreuses reprises.

La réalisation véhicule d'ailleurs une vraie signification et on sent que les jeunes espagnols ont du talent pour exprimer cinématographiquement leurs idées. La culpabilité du père, Robert Carlyle, laissant sa femme à l'abandon et cherchant à reconstruire sa vie familiale trouve un lien étroit et symbolique avec le contexte social de reconstruction et de recherche de contrôle d'une société par nature fondée sur la peur et la fragilité. Rien d'étonnant d'ailleurs de voir que le réalisateur s'est appuyé sur l'idée d'une ville « acteur », « personnage à part entière » de l'histoire. C'est effectivement le besoin de contrôle partagé par une personne et une société, besoin fondé dans les deux cas sur une peur enfouie et cachée qui engendrera leur perte (Robert sera contaminé puis tué, et la ville de Londres complètement désintégrée). Le virus d'ailleurs trouve une seule et même origine : la mère, à la fois porteuse seine et seule témoin de la culpabilité de Robert Carlyle qui mèneront Londres et le père de famille aux ténèbres.

La perte de contrôle au cœur de ce film est donc ici multidimensionnelle : personnelle, familiale et finalement sociale. A trop vouloir contrôler les évènements, on en perd le contrôle et les choses finissent par apparaître aux yeux de tous littéralement affreuses et diaboliques : un constat qui résume peut-être en une phrase la symbolique de 28 semaines plus tard. Un message finalement véritablement intemporel et qui a pour richesse de pouvoir s'appliquer à la fois aux dimensions psychologiques et sociologiques de l'histoire de cette contamination diabolique.

Qualité Technique


Vidéo :

Premier aspect important à signaler : style de l'auteur et budget obligent, le film a été réalisé en grande partie en 16 mm. On est ici loin d'une production cherchant à atteindre de véritables subtilités et les créations numériques, présentes dans ce film, restent tout de même assez éloignées des films d'action hollywoodiens actuels. L'équipe a d'ailleurs souffert de la courte-période de post-production. Le grain est donc présent mais finalement tend à servir cette histoire, car l'image offerte au sein de ce Blu-Ray est de bonne facture. Bien que certaines scènes manquent vraiment de profondeur, elles tendent à participer elles-même et faire partie intégrante de la contamination : une idée joliment utilisée au sein de cette production.

Certains plans sont toutefois très réussis visuellement parlant. On applaudit par exemple les nombreuses prises aériennes de Londres dépeuplé qui sont réellement réussies. Le retour à la maison des enfants sur scooter est aussi joliment réalisé, et le réalisateur a la chance de varier vues aériennes et gros plans (en mouvement) pour produire des scènes d'une capitale iconique se transformant en "nouvel ordre londonien". Les scènes de nuit, par l'usage de la nuit américaine, nous replonge dans un cinéma d'antan tout en conservant un réalisme à applaudir. Notons que les scènes finales tournées à Paris ont été réalisées à l'aide d'une petite caméra HD numérique. Dans l'ensemble, le transfert HD est de bonne qualité.

Audio :

Les pistes sonores proposées au sein de ce Blu-Ray sont variées. Fox nous propose dans un premier temps une piste en DTS HD Master Lossless Audio à 1.5 Mbps avec un réel dynamisme. On aurait peut-être souhaité davantage d'effets concernant les voies arrières, et un jeu surround davantage travaillé qui aurait pu également participer à la narration de l'histoire. Car le réalisateur joue avant tout sur le silence entrecoupé des passages musicaux de John Murphy, que l'on retrouvait déjà dans le premier opus de Boyle. La piste française est quant à elle proposée en DTS 768 Kbps assez proche de la version originale.

Bonus


Commentaire audio :

Côté suppléments, on retrouve d'abord un commentaire audio fort intéressant de Juan Carlos Fresnadillo le réalisateur et Enrique Lopez-Lavigne, producteur et scénariste. On sent que les deux hommes furent réellement investis dans ce projet qui les tenait visiblement à cœur. Ils reviennent sur le sens de certaines scènes qui paraissent parfois inaperçu au premier visionnement, et leur langage est parfois métaphorique ce qui n'est pas à déplaire. On apprécie ainsi le sens qu'ils délivrent à certains passages :

- Robert Carlyle crèvera les yeux de sa femme qui sont les instruments lui rappelant sa culpabilité
- Le réalisme accordé aux scènes de violence tournées caméra à l'épaule confère un sens maléfique aux scènes difficiles à supporter
- La culpabilité de Robert est signifiée par des plans semi-aériens

Mais certains arguments métaphoriques ont parfois tendance à cacher des réalités techniques et productives , à l'exemple du budget investi et des contraintes temporelles. Ainsi l'usage de la nuit américaine, au-delà de ses effets visuels, se justifiera par l'interdiction de tourner avec des enfants la nuit ; le mini-hélicoptère exploité pour la réalisation de plans semi-aériens (pour rester proche métaphoriquement de la culpabilité du père) pourrait tout aussi bien se justifier par l'impossibilité d'exploiter un véritable hélicoptère au moment du tournage. Ces arguments scénaristiques sont donc intéressants pour les spectateurs, mais couvrent les limites matérielles de cette production à petit budget. On regrette d'ailleurs l'apologie parfois excessive accordée par ces deux commentateurs à l'égard de l'équipe de production, du studio voir des acteurs. Mais dans l'ensemble, il s'agit ici d'un commentaire audio fortement à recommander.

28 Jours Plus Tards (Etape 1 et 2) :

Deux petits suppléments d'une durée respective de 7.36 minutes et 4.44 sont proposés. Il s'agit de petites BD interactives et animées présentant l'histoire du premier opus. Il s'agit de suppléments qui raviront sans doute les fans du premier volet mais qui restent sans grand intérêt.

Making-of et Featurettes :

Fox propose également un making-of d'une durée 13.06 minutes prenant la forme d'une interview successive des membres ayant participé à la production de ce film. On y retrouve certaines images « behind the scenes », mas rien de bouleversant

Heureusement, deux petites featurettes véritablement amusantes sont proposées avec en premier lieu « Infectés » d'une durée de 6.57 minutes. Sont exposés les jeux des acteurs interprétant les personnes infectées. Ce supplément revient par ailleurs sur le travail de maquillage, les chorégraphies des hommes et femmes zombis. La seconde featurette est quant à elle baptisée « Entrer dans l'action ». Elle est d'une durée de 7.13 minutes et revient comme son nom l'indique sur les nombreuses scènes mouvementées qui alimentent cette production. On y aperçoit ainsi le travail du caméraman et des acteurs. N'oublions pas enfin les bandes annonces qui clôturent ce Blu-Ray Disc et deux scènes coupées.

Tous les bonus sont proposés en standard définition et en Dolby Digital 2.0.