L’introduction des personnages permet d’ailleurs de manière parfois subtile à exposer les enjeux et les problématiques au cœur de cette histoire. La première scène de combat du film débute par un « Amen ... Tuons les tous », tenue par l’officier et protagoniste. Cette dualité idéologique symbolise en quelque sorte la souffrance du personnage, tiraillé finalement tout au long du film par sa conscience (l’homme veut se racheter, veut trouver la vérité, veut assumer sa responsabilité) et ses faiblesses (le déni et l’alcool lui permettant d’oublier son manque de courage).

Ironie du sort, ce héros trouvera bel et bien son parfait opposé, qui lui permettra de prendre conscience de l’importance des prises de responsabilités. Car le sergent Monfriez apparaît finalement comme le mauvais de cette histoire. Il ressemble au héros sur des bien des points mais s’en oppose sur l’intentionnalité. Certes, les deux hommes ont commis un acte de tir sur amis à la guerre. Mais ces derniers s'éloignent sur plusieurs aspects :

A nouveau Edward Zwick travaille sur les symboles et le jeu de mirroir. Karen Walden et Monfriez sont deux symboles opposés (« lâcheté-faiblesse-mensonge » vs « courage-héroïsme »). Le film raconte finalement comment Serling interprété par Denzel Washington s'identifie finalement de l’un à l’autre.
Dans l’ensemble, on assiste ainsi à un film dont les jeux d’acteurs, la mise en scène de deux récits, et la symbolique sont vraiment maîtrisés. Ajoutons à cela une musique subtile signée James Horner (alias Braveheart) et de grands acteurs : Meg Ryan, Denzel Washington, ou encore dans ses premières années le jeune Matt Damon.
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