Alors justement, à l’époque du PureVideo simple du nom, NVIDIA vantait déjà les mérites de l’accélération matérielle des flux vidéo HD MPEG-2 et on parlait déjà du H.264. Alors pouvez-vous nous expliquer vraiment la raison de la création de la technologie PureVideo HD, alias VP2, et les différences concrètes entre la première version et la seconde ?
Et bien la première version, on l’appelle PureVideo parce qu’elle était de fait destinée aux solutions qui n’étaient pas protégées par le cryptage HDCP. Notre première approche consistait également à décoder environ 30% des flux VC-1 et H.264. Alors le MPEG2, on le décode à 100% depuis le DVD mais déjà avec cette première génération, on est arrivé à décoder le VC-1 et le H.264 aux alentours de 30%. Toutefois, le HDCP n’était pas intégré à la puce graphique. Il a donc fallu rajouter une solution externe.

Dans l’ensemble, l’objectif était de pouvoir abaisser le coût de la possession d’un diffuseur HD, puisqu’aujourd’hui, on voit apparaître des lecteurs HD-DVD et Blu-Ray à des prix situés aux alentours de 250 euros. L’idée était de pouvoir utiliser une plateforme relativement peu onéreuse dotée d’un CPU lui-même peu onéreux tout en pouvant profiter d’un diffuseur HD correct. Et c’est une idée qui a bien fonctionné !
Un grand nombre de PC de salon ont en effet été architecturés autour des solutions GeForce 6600 avec sortie HDMI. L’idée de base du premier PureVideo était donc simple : pour la HD, vu la complexité et la gourmandise des codecs, la carte graphique a un rôle important à jouer et aujourd’hui on peut très bien simplement avec une carte proposée à 60 euros bénéficier d’une lecture HD fluide.
Avec la montée en puissance des débits HD-DVD et surtout du Blu-Ray, la seconde génération s’est imposée. I
ci, on a vraiment une prise en charge à 100% du décodage H.264. Aujourd’hui par exemple, les dernières 8600 et 8500 prennent en charge l’entière décompression du H.264 et environ 30 à 40% du VC-1.
Alors pourquoi ce choix ?
Parce que l’on estime aujourd’hui que le codec le plus gourmand à décoder, c’est le H.264. Il faut savoir que dans l’industrie des semi-conducteurs, chaque fonction coûte en transistors. Donc on se positionne sur des puces qui sont dotées à peu près de 300 millions de transistors, et il faut savoir parfois faire un équilibre. Donc aujourd’hui sur les 8500 et 8600, nous avons une carte qui à la fois permet de faire tourner sous Vista le mode « aero », de faire fonctionner tout ce qui est relatif aux DirectX10 et 9… donc des jeux corrects pour ceux qui veulent profiter de leur PC Mediacenter. Ces cartes prennent aussi en charge la décompression H.264 à 100% et à peu près 30 à 40% du VC-1.
Peut-on parler de ce point de vue d’un choix plus ou moins délibéré de NVIDIA vers l’un des deux formats, était donné que le H.264 est davantage présent sur les Blu-Ray Disc ?
Non, ce n’est pas un choix politique. C’est juste un choix technologique. Une carte graphique prend deux ans à se fabriquer. Nous avons estimé que jusqu’à la fin de l’année 2007, le H.264 resterait le codec le plus complexe à décoder. Donc autant mettre des transistors utiles plutôt que des choses plus inutiles. Aujourd’hui, en effet n’importe quelle machine même d’entrée de gamme est dotée d’un processeur largement suffisant pour le VC-1. Ce qui n’est pas forcément le cas pour le H.264.
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