Codec AV2 : Une version 1.0.0 discrète pour le successeur de l'AV1

Publié le par la Rédaction



L'Alliance for Open Media (AOMedia) vient de franchir une étape cruciale dans l'évolution de la compression vidéo numérique. Sans grand tapage médiatique, le consortium a publié la version 1.0.0 de son nouveau codec libre de droits, l'AV2. Si cette sortie marque le début d'une nouvelle ère pour la diffusion de contenus web, la technologie nécessite encore une longue phase d'optimisation avant son déploiement à grande échelle.

Contrairement aux lancements en grande pompe que l'industrie technologique a l'habitude d'orchestrer, l'AOMedia a opté pour la plus grande discrétion. Repéré initialement par le site Videocardz, le dépôt logiciel de référence du consortium a officiellement reçu le tag v1.0.0, actant la finalisation des spécifications de base du successeur de l'AV1. Pourtant, l'organisation maintient toujours la mention "brouillon" sur ses documents officiels.

Cette prudence s'explique aisément par l'état actuel des outils d'encodage. Les premiers retours techniques indiquent que le logiciel de référence est encore particulièrement lent et s'inscrit davantage dans une phase de test que dans une solution prête pour un déploiement industriel immédiat. L'AV2 est aujourd'hui une fondation mathématique solide, mais son implémentation logicielle requiert un intense travail d'optimisation

Malgré cette gestation laborieuse (le codec ayant pris un certain retard par rapport aux annonces de l'année dernière), l'enjeu en vaut la chandelle. Une fois pleinement optimisé, l'AV2 promet d'offrir une efficacité de compression supérieure de 30 % par rapport à l'AV1, lancé en 2018.

Pour les géants du streaming comme Netflix, Amazon ou YouTube, et plus globalement pour les infrastructures réseaux mondiales, cette avancée algorithmique se traduira par une flexibilité stratégique sans précédent. Selon l'objectif visé par les plateformes, l'AV2 permettra de maintenir une qualité vidéo stricte tout en consommant drastiquement moins de bande passante, d'offrir une qualité visuelle supérieure (notamment pour la 4K) à débit constant, ou de calibrer des compromis sur-mesure.

Le chemin vers une intégration matérielle et logicielle généralisée s'annonce long. Le format AV1 avait lui-même dû faire preuve de patience, nécessitant plusieurs années avant d'être progressivement adopté par les services de vidéo à la demande et intégré nativement dans les puces des produits audio/video.

L'AV2 entame aujourd'hui un parcours similaire. En tant que technologie open-source et libre de droits, elle bénéficiera du soutien massif de la communauté (à l'image des décodeurs en cours de développement), mais la création d'un écosystème robuste repousse l'horizon d'une adoption grand public à la fin de la décennie.