Il apparaît relativement clair que cette histoire ne suscite véritablement pas chez nous l'idée d'une exclusivité, d'un concept jamais vu ni apprécié. Rappelons à ce titre que l'Invasion of Body Snatchers avait jusque là fait l'objet de trois adaptations cinématographiques, comme s'il existait un besoin de revisiter tous les 15 ans cette œuvre de science fiction au combien inédite. Certes, il s'agit là d'une qualité propre à la science fiction qui, malgré qu'elle s'attarde à des sujets futuristes, témoigne toujours d'une portée métaphorique mettant en relief les grands traits de nos sociétés contemporaines pour mieux en exposer les limites et les dysfonctionnements.
Invasion aurait donc pu en revisitant anciens thèmes aux peurs d'aujourd'hui (virus, influence des médias) créer une œuvre porteuse de sens et reflétant une critique faite à l'égard de nos sociétés (ce qui est en soi le fond commun du genre de la science fiction (George Orwell, Aldous Huxley…))Mais ici il est clair que le message inhérent à ce film de science fiction apparaît très flou et a des difficultés à retranscrire les grands sujets de notre époque qui malgré tout devaient faire l'objet de cet Invasion d'Oliver Hirschbiegel : le rôle de la peur et des menaces dans les médias, l'utilisation de cette peur faite par les gens au pouvoir, les frontières de la non-humanité et de l'humanité dans une société transformée.

Beaucoup d'éléments viennent nous exposer l'idée que le réalisateur Oliver Hirschbiegel avait avec Invasion un joli projet en tête : porter une critique à l'égard de la société américaine actuelle, de son fonctionnement et de ses limites. « Dans toute civilisation, les gens au pouvoir ont utilisé la peur pour manipuler les gens » affirmera le réalisateur pour promouvoir son film. La ville choisie, Washington, ne relevait vraisemblablement pas d'un choix anecdotique. Le sujet, une contamination s'étendant rapidement, s'appuyait sur le contexte actuel de mondialisation et l'arrivée de nouvelles menaces (grippe aviaire). La présence en tout début de film (à l'image de ce qu'avait effectué Verhoeven dans Robocop ou encore Starship Troopers) des médias, semblait également un élément porteur de sens : ils jouent un rôle certain au sein d'Invasion en annonçant et véhiculant tels des hauts parleurs la menace.
![]() |
|
Test Blu-Ray : Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal
Test Blu-Ray : Un Pont Trop Loin
Test Blu-Ray : Butch Cassidy et le Kid