Le cinéma nous a réservé au 20ème siècle de très grands moments. D’Autant en emporte le vent, Titanic, au plus médiocre Pearl Harbor, certains grands réalisateurs se sont essayés à réaliser ces grandes fresques historiques, dramatiques, dynamiques et aussi profondément romantiques. Australia fait partie de cette tradition des grands films hollywoodiens. Réalisé par Baz Luhrmann, il délivre avec une force visuelle et sentimentale une grande aventure rendant hommage à l’histoire du peuple australien. D’ailleurs le film est une production 100% australienne (acteurs, réalisateur et même directrice photo). Le film n’est pas forcément la « grande œuvre » qu’on attendait. Mais par ses bonnes intentions, la magie délivrée par ses décors, sa musique, et son poids historique, Australia s’est imposé comme une très belle réalisation. Dommage tout de même que l’œuvre respecte avec autant d’acharnement ces vieux canons hollywoodiens (évolution intérieure quelque peu caricaturale du personnage Sarah Ashley, manichéisme prononcé des personnages ou encore relation sentimentale un poil prévisible).
Australia sort le 24 juin en France en Blu-Ray chez Fox. Le test en avant-première de cette édition est à suivre ci-dessous :
Caractéristiques
Vidéo : Transfert 1080p MPEG-4 AVC (Débit Moyen de 19471 Kbps) / Format 2.35
Audio : Anglais en DTS-HD Master Audio 5.1 (Débit Moyen de 3892 Kbps), Français et Espagnol en DTS 5.1 (768 Kbps).
Sous-Titres : Anglais, Allemand, Français et Espagnol
Bonus : Scènes inédites, Australie : le peuple, l’histoire, le lieu, Dans les coulisses, Lien Fox France
Vidéo
Inutile de cacher qu’on attendait peut-être beaucoup de ce transfert haute définition. Alors certes, l’image HD offerte se révèle de bonne facture mais elle n’est pas irréprochable car quelques irrégularités peuvent être aperçues. Abordons dans un premier temps les points positifs qui sont les plus nombreux ; rassurez-vous. Le transfert est dans l’ensemble stable. L’image est dénuée de tout défaut de propreté : tâches, fourmillements, poils pellicule. Le cadrage 2.35 offre un rendu très cinématographique à cette grande fresque hollywoodienne filmée en 35mm. Les images du film baignent dans des teintes chaudes et boisées propres aux années 30 australiennes. Les tons sont parfois rouges et poussiéreux et ensuite plus lumineux selon le contexte et l’évolution des personnages. La lumière atteint parfois un niveau très solaire. Elle s’accorde ainsi au climat, à la tension du film et à l’évolution intérieure des personnages. Le format Blu-Ray apporte donc toute la richesse colorimétrique qu’Australia avait besoin. La définition est positive si l’on prend en compte la majorité des scènes. Les gros plans sont agréablement ciselés et de ce point de vue le piqué de l’image rend un bel hommage au travail titanesque effectué au niveau des costumes.
On doit apporter toutefois quelques limites à tout cela. Tout d’abord, le niveau de détails a tendance à osciller durant certains moments. Il passe ainsi d’excellent à médiocre durant certains passages : gros plans comme sur ces énormes plans larges filmés en pleine nature. Parfois la poussière du sol recouvre un peu les détails et les fonds s’atténuent à de rares moments. Nous venons de mentionner la présence d’une lumière parfois très aérienne. Durant ces moments, les blancs ont tendance à s’étendre un peu trop au détriment de la lisibilité et du contraste. Enfin, une petite note sur les effets spéciaux qui associent captures réelles et imagerie numérique à la George Lucas. Ils ont parfois tendance à ne pas passer inaperçus sur les backgrounds. Les scènes sont très belles, mais parfois trop belles pour être perçues réelles à nos yeux de spectateurs et la HD n’atténue malheureusement pas toujours ce rendu artificiel. Au-delà de ces remarques, le pressage est toujours très convaincant. Les couleurs un poil désaturées sont agréables, les décors somptueux, et l’enveloppe visuelle révèle ce côté traditionnel propre à la photographie des grands films hollywoodiens à l’envergure titanesque. Pas de déception donc mais il ne s’agira pas non plus d’un Blu-Ray Disc de véritable démonstration comme ont pu le suggérer d’autres rédactions.
Audio
Australia est bien plus satisfaisant au niveau de sa bande son et plus particulièrement grâce à cette fameuse VO en DTS-HD Master audio 5.1 au débit très généreux. Le mixage s’est montré très ample, subtil et parfois fougueux. Il parvient à tirer profit des différents canaux actifs pour mettre en scène tous les détails de la bande son. Et il n’en manque pas. Une note sur la partition symphonique romantique et dynamique de David Hirschfelder. Elle s’est se montrer douce et mélodique mais aussi intense avec un usage de percussions et de cordes entraînantes et merveilleuses. Les dialogues occupent le centre de la scène avec clarté. La scène arrière est très expressive. Elle relaye de prime abord la composition musicale et devient littéralement propulsée par une dynamique endiablée durant les scènes les plus actives (larges chevauchées, bombardement aérien, galops massifs…). Quelques ambiances sont distillées plus anecdotiquement sur les arrières. Il s’en dégage ainsi une scène 5.1 à la fois large et rayonnante. La dynamique est elle-même très positive. Les effets sont bien détaillés et suffisamment agressifs durant les passages nécessaires pour rendre immersives les grandes séquences. Le caisson de basses sera lui très sollicité. Fox délivre ainsi une piste très agréable, n’ayant pas subi de traitements limitant l’énergie acoustique qu’on était en droit d’attendre sur ce genre d’épopée.
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